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La croissance française a atteint 7% en 2021, du jamais vu en 52 ans

L'économie française "dépasse désormais nettement" son niveau d'avant crise sanitaire, souligne l'Insee.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) français a atteint 7% en 2021, un bond jamais vu depuis 52 ans, mais qui intervient après la récession record de 2020 (-8%), selon une première estimation publiée vendredi par l'Insee.

Avec un quatrième trimestre 2021 qui a connu une croissance de 0,7%, l'économie française "dépasse désormais nettement" son niveau d'avant crise sanitaire, souligne l'Institut national de la statistique.

"Cela efface la crise économique"

"C'est un rebond spectaculaire de l'économie française" s'est félicité le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur France 2. "Cela efface la crise économique" et cela "prouve que la politique du gouvernement est efficace" a-t-il souligné.

"La crise a été effacée" confirme de son côté sur le plateau de Good Morning Business, Jean-Luc Tavernier, Directeur de l'Insee. "C'est assez impressionnant".

Précisons que l'Insee a revu à la hausse de 0,1 point ses estimations pour chacun des trois premiers trimestres de l’année (+0,1%, +1,3% et +3,1%). Cette première estimation surpasse largement toutes les prévisions faites par les économistes, l'Institut de la statistique, comme la Banque de France, tablant par exemple sur une croissance de 6,7%.

Le niveau moyen du PIB en 2021 se situe ainsi 1,6 % en deçà de son niveau moyen en 2019.

En 2021, la croissance a été particulièrement portée par la forte progression de la production de biens et services (+7,4%, après -8,5% en 2020), même si la production de biens "reste sensiblement en retrait" par rapport à son niveau moyen de 2019.

Les dépenses de consommation des ménages demeurent dynamiques ce trimestre (+0,4% après +5,6% au trimestre précédent), malgré le ralentissement mécanique après les réouvertures aux deuxième et troisième trimestres.

La consommation des ménages retrouve son niveau d'avant crise

La consommation se maintient dans l’hébergement–restauration (+0,0% après +59,9%, 1,8% en deçà niveau du T4 2019), tandis que celle en services de transport, qui reste très en deçà de son niveau d’avant-crise (–15,9% par rapport au T4 2019), poursuit son rattrapage (+5,7% après +46,1%).

Au total, la consommation des ménages retrouve son niveau d’avant-crise (+0,0% par rapport au T4 2019).

Sur l’ensemble de l’année 2021, le rebond de la consommation des ménages apparaît plus limité que celui de la production: +4,8% après –7,2% en 2020. En 2021, la consommation des ménages, particulièrement pénalisée par la situation sanitaire au premier semestre, a ainsi été en moyenne inférieure de 2,7% à son niveau moyen de 2019.

Au 4e trimestre, la reprise du commerce extérieur s’accélère, davantage du côté des importations (+3,6% après +0,8%) que des exportations (+3,2 % après +1,7 %). En particulier, les importations en matériels de transport rebondissent nettement (+8,8% après –6,9%), tandis que les exportations sont tirées par les services de transport (+13,6% après –9,4%), notamment maritime, et les autres produits industriels (+2,7% après –0,6%).

Niveau dégradé des exportations

Les échanges liés au tourisme international poursuivent leur reprise, notamment du côté des exportations (+17,3%, contre +7,7% pour les importations). Au total, la contribution des échanges extérieurs à la croissance du PIB est négative ce trimestre (-0,2 point, après +0,2 point au trimestre précédent).

Sur l’année 2021, la contribution du commerce extérieur à l’évolution du PIB est légèrement positive (+0,2 point après –1,1 point en 2020).

En moyenne annuelle, les exportations et les importations demeurent en 2021 à un niveau particulièrement dégradé, respectivement inférieures de 8,5% et 5,5% à leur niveau moyen de 2019.

L'investissement des ménages (immobilier, etc.), des entreprises et des collectivités, en rebond de 11,6%, dépasse lui largement son niveau de 2019. "Les investissements des entreprises ont été préservés, c'est assez inattendu", commente Jean-Luc Tavernier.

Pour 2022, le responsable de l'Insee évoque "un acquis de croissance déjà élevé alors que nous sommes toujours au coeur d'une vague. Néanmoins, la vague Omicron, la question des déficits publics et les difficultés de recrutement" sont autant d'incertitudes pour l'année qui s'ouvre.

Le gouvernement table sur une croissance de 4%, quand la Banque de France prévoit 3,6%. L'Insee, qui n'a pas encore publié de prévision pour l'ensemble de l'année, anticipait en décembre une croissance de 0,4% au premier trimestre, puis 0,5% au deuxième.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business