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L'armateur CMA CGM met à l'eau son premier porte-conteneurs géant propulsé au gaz naturel

Le porte-conteneurs "CMA CGM Jacques Saadé" est le premier d'une série de neufs navires d'une capacité de 23.000 containers équivalent vingt pieds (EVP).

Le porte-conteneurs "CMA CGM Jacques Saadé" est le premier d'une série de neufs navires d'une capacité de 23.000 containers équivalent vingt pieds (EVP). - CMA CGM

L'armateur français CMA CGM a mis à l'eau ce mercredi à Shanghai (Chine) le plus grand porte-conteneurs au monde de très grandes dimensions (400 mètres de long, 61 mètres de large) propulsé au gaz naturel liquéfié. Ce carburant rejette moins de polluants nocifs que le fioul lourd maritime utilisé aujourd'hui par ces géants des mers.

Le groupe CMA CGMA (basé à Marseille) a mis à l'eau en Chine à Shanghai le plus grand porte-conteneurs au monde dans sa catégorie (23.000 EVP) qui soit propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL). Le "CMA CGM Jacques Saadé", du nom du fondateur de l'armateur français, est le premier d'une série de neufs navires d'une capacité de 23.000 containers équivalent vingt pieds (EVP) commandés en 2017. Ce premier géant des océans mesure 400 mètres de long et 61 mètres de large et il naviguera entre l'Asie et l'Europe du Nord et va battre pavillon français.

Vers une moindre teneur en soufre des carburants marins

Le gaz naturel liquéfié, adopté par certains des navires les plus récents, permet aux armateurs de satisfaire aux exigences environnementales de l’Europe et de l'organisation maritime internationale (OMI). Un nouveau plafond de la teneur en soufre du fuel-oil utilisé à bord des navires fera passer la limite actuelle de 3,50 % m/m (masse par masse) à 0,50 % m/m et entrera en vigueur le 1er janvier 2020 en vertu de la Convention internationale de l'OMI pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL). Par ailleurs, une directive européenne établit des limites de teneur en soufre des carburants maritimes et fixe des normes liées aux Nox (oxyde d'azote) plus strictes pour les nouvelles constructions navales.

À l'usage, le GNL supprimerait les émissions de souffre et de particules fines et réduirait de 80 % le Nox (émissions d'oxyde d'azote) et 20 % celles de CO2. 

La propulsion au GNL reste toutefois marginale dans le transport maritime mondial car elle n'est pas adaptée à toutes les lignes maritimes en raison d'une infrastructure d'approvisionnement spécifique de gaz naturel liquéfié qui n'est pas présente dans les grands ports de fret. De surcroît, le coût d’investissement dans un navire GNL est aujourd’hui plus élevé que dans un navire propulsé par du carburant maritime classique (fioul lourd).

CMA CGM dispose déjà de navires plus petits propulsés au GNL, notamment quatre porte-conteneurs d'une capacité de 1.400 EVP de la compagnie finlandaise Containerships acquise en 2018. Le groupe français a par ailleurs annoncé en mars, à l'occasion de la visite du président chinois Xi Jinping en France, la commande à des chantiers chinois de dix nouveaux porte-conteneurs, pour un montant estimé de 1,2 milliard d'euros. Cinq d'entre eux, d'une capacité de 15.000 containers EVP, seront propulsés au gaz naturel liquéfié.

Frédéric Bergé avec AFP