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Frais bancaires : les banques lèvent le pied

Les tarifs bancaires sont en baisse

Les tarifs bancaires sont en baisse - -

Pour la première fois depuis 3 ans, les frais bancaires sont en baisse. C'est ce qui ressort de l'étude annuelle publiée par le comparateur de tarifs bancaires en ligne, Panorabanques.

2,20 euros en moins par an ! C'est une très légère baisse mais elle marque une rupture. Selon le comparateur Panorabanques, la facture moyenne qui comprend à la fois les frais de dépassement, de découvert, de tenue de compte ou encore les retraits d'argent dans d'autres banques s'élèvera à 215,10 euros cette année contre 217,30 euros l'an dernier. La facture est donc en baisse alors qu'elle n'avait cessé d'enfler ces dernières années avec des hausses parfois spectaculaires. Les frais de tenue de compte notamment ont triplé entre 2013 et 2018, les banques tentant ainsi de protéger leurs marges dans un contexte de taux d'intérêts historiquement bas.

Une concurrence accrue

Si le mouvement est à ce point généralisé, c'est parce que toutes les banques ont été contraintes de faire un geste après une convocation à l'Elysée, en fin d'année dernière en pleine crise des gilets jaunes. Elles s'étaient alors engagées à geler leurs tarifs pour 2019 et à plafonner les frais d'incident pour les clientèles les plus fragiles. Une réponse à la crise des gilets jaunes dont le coût global, selon les banques, s'élevait à 1 milliard d'euros.

Mais la vraie raison de cette baisse des frais bancaires est ailleurs selon les experts. Elle tient essentiellement à la pression concurrentielle accrue. « Les banques sont de plus en plus regardées et la concurrence est forte avec les néobanques et les banques en lignes », souligne ainsi Laure Prenat, la directrice générale de Panorabanques.

La plupart de ces nouveaux acteurs proposent des services quasi-gratuits. Tout cela dans un contexte où il devient de plus en plus facile de changer de banque. Un nouveau frein à la mobilité bancaire vient encore d’être levé, avec ce nouveau changement de règle il y a quelques jours : les banques ne peuvent plus obliger leurs clients à domicilier leurs salaires en contrepartie d’un prêt immobilier.

Cette concurrence monte en puissance : aujourd'hui 1/3 des nouvelles ouvertures de comptes concernent des acteurs non bancaires et ce retournement de tendance sur les prix montrent que ces nouveaux acteurs commencent sérieusement à inquiéter les banques.