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Fonction publique: les syndicats déçus par le gouvernement

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- - Jacques Demarthon - AFP

Les représentants des fonctionnaires estiment ne pas avoir été écoutés par le gouvernement pour définir le cadre de la concertation sur la "refondation du contrat social" au sein de la fonction publique.

Les organisations syndicales de la fonction publique ont fait part mercredi de leur déception face à la version définitive du document cadre de la concertation qui sera lancée jeudi par le gouvernement, jugeant décevants les changements apportés par le gouvernement.

L'ouverture de cette concertation, baptisée "refonder le contrat social avec les agents publics" et portant notamment sur l'extension du recours aux contractuels et la mise en place de plans de départs volontaires, avait été annoncée début février par le Premier ministre.

Après avoir reçu un premier "document d'orientation" il y a environ trois semaines, les syndicats avaient tous demandé à pouvoir y apporter des modifications. Deux réunions multilatérales ont eu lieu avec la Direction de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) à ce sujet.

"Le gouvernement n'en a cure de ce qu'on peut dire"

Ces rencontres "n'ont servi à rien", s'offusque Denis Turbet-Delof (Solidaires, 6e). "Il n'y a quasiment aucun changement." "Le gouvernement n'en a cure de ce qu'on peut dire, c'est pas du dialogue social du tout, c'est 'je passe en force', point barre," estime-t-il à l'AFP, regrettant que l'exécutif n'ait pas entendu "la mobilisation du 22 mars dernier", marquée par des manifestations qui ont rassemblé des centaines de milliers de fonctionnaires.

Si FO (3e) concède que "quelques mots qui fâchent" ont été retirés du document, comme celui d'IRP (instance représentative du personnel) qui rappelait trop "la loi travail", il n'apparaît "pas que la philosophie du document ait changé", regrette Christian Grolier, qui dit attendre des "précisions de la part du ministre jeudi".

De son côté, l'Unsa (4e), l'une des deux organisations n'ayant pas appelé à la grève le 22 mars, voit la réécriture du document comme "un petit point positif".

"Un certain nombre de critiques assez négatives", par exemple sur les instances représentatives - dont le nombre était auparavant qualifié d'"excessif" -, ont désormais "disparu", se félicite Luc Farré, assurant que l'Unsa participera "activement à l'ensemble de ces discussions" et ne "fera pas de politique de la chaise vide".

Une position commune sera annoncée jeudi

L'intersyndicale CGT, FO, FSU, CFTC, Solidaires, FA-FP et CFE-CGC, qui avait appelé à la grève et à des manifestations le 22 mars, tiendra une conférence de presse jeudi pour annoncer sa position, juste avant l'ouverture de la concertation.

Cette dernière se tiendra jeudi en présence du ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, et d'Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat à la fonction publique.

J.-C.C. avec AFP