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FO: la base reprend le pouvoir à Mailly

Jean-Claude Mailly

Jean-Claude Mailly - Anne-Christine Poujoulat - AFP

Face à la grogne des fédérations et unions départementales mécontentes de l'absence de manifestation contre la réforme du code du travail, le numéro 1 de Force ouvrière a reconnu qu'il va "désormais falloir monter le ton". FO devrait ainsi rejoindre la contestation contre les ordonnances.

Faut-il y voir une forme de désaveu pour Jean-Claude Mailly? Le secrétaire général de Force ouvrière a en tout cas rarement été autant dans la tourmente. Contrairement à ce qu'il avait fait avec la loi El Khomri, il n'a pas appelé à la mobilisation contre la réforme du code du travail. Bien que le texte comporte certaines mesures selon lui "inacceptables", le leader syndical n'a pas jugé bon de battre le pavé, louant la méthode de concertation sociale du gouvernement et préférant étudier des recours en justice.

Sauf que cette position n'a pas plus à sa base. Lors des journées de mobilisation a l'initiative de la CGT, sept fédération et une cinquantaine d'union départementale de FO se sont jointes aux manifestations. Jean-Claude Mailly lui n'a pas bougé.

Un camouflet

Ce qui a créé une rupture avec sa base, vendredi le CCN (comité confédéral national), le "Parlement" de FO, a voté une écrasante majorité (123 union départementales pour et 20 abstentions) une résolution qui fustige les ordonnances réformant le code du travail, les qualifiant de "régression sociale".

Cette même résolution considère "nécessaire une mobilisation interprofessionnelle avant ratification" de ces ordonnances et "donne mandat" à la direction de FO pour décider des modalités de cette mobilisation. "La base a repris le pouvoir à Force ouvrière et cela me semble extrêmement important ", a résumé Fabrice Lerestif, secrétaire général de FO Île-et-Vilaine, interrogé par BFMTV.

L'adoption de cette résolution sonne aussi comme un camouflet vis-à-vis de Jean-Claude Mailly, au point que des rumeurs ont commencé à circuler sur une éventuelle démission. Ce que l'intéressé à démenti auprès de BFMTV: "Personne n'a demandé ma démission et je n'ai pas du tout l'intention de démissionner", fait-il valoir

"Là où la grogne est plus forte que prévue c'est par rapport à la politique générale du gouvernement. Et c'est cette colère sourde qui est plus importante que je ne le croyais, ça je l'admets", déclare-t-il par ailleurs.

Désormais FO va devoir 'hausser le ton" pour reprendre ses mots. Et en ce sens la résolution adoptée par le CCN, va selon toute logique donner lieu à une journée de mobilisation. Lundi, la direction confédérale de Force ouvrière se penchera sur cette résolution et devrait définir les modalités de l'action à mener.

Julien Marion