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Une pause fiscale pour sauver La Redoute

La Redoute peut retrouver un repreneur qui devra faire un effort important d’investissement.

La Redoute peut retrouver un repreneur qui devra faire un effort important d’investissement. - -

La Redoute est à vendre. Son actionnaire principal veut s’en défaire. 6 000 emplois directs ou indirects sont en jeu.

Ce dossier est emblématique de la situation économique du moment : une entreprise renommée qui n’a pas vu venir la concurrence ; des politiques qui jouent les matamores alors que la fiscalité assassine les entreprises qu’ils prétendent vouloir sauver.

La Redoute est à vendre. C'est tout un symbole.

La Redoute en effet avait été à la fin des années 1920 un pionnier dans le lancement de la vente par correspondance. Aujourd’hui, elle subit les conséquences du retard pris par rapport à ses concurrents. D’autres entreprises du secteur comme la célèbre Camif, qui était la centrale d’achat des instituteurs, ont connu les mêmes déboires avant de trouver un repreneur. Il y a un actif immatériel incontestable qui est le nom et l’attachement qu’il inspire. C’est un atout de beaucoup de marques françaises et plus généralement européennes. C’est l’effet « vintage ».
Mais il faut savoir s’en servir et l’actuelle direction, malgré des investissements informatiques, a loupé le coche. Il va falloir injecter 400 millions d’euros pour remettre l’entreprise à niveau et la rendre vendable.
Ce qui rend ce dossier emblématique, c’est également la réaction de Martine Aubry. Elle a pris à partie la direction de l’entreprise, en l’accusant notamment de ne pas avoir tenu les élus au courant. Comme si elle pouvait faire quelque chose. Ces propos de matamore agressifs sont vains. Ils sont dans la ligne de ceux d’Arnaud Montebourg. La direction de Kering, l’actionnaire de la Redoute, a répondu poliment, en sachant que nous sommes dans l’économie spectacle avec un discours d’autant plus virulent qu’il est totalement vain.

Comment améliorer la situation ?

La Redoute peut retrouver un repreneur qui devra faire un effort important d’investissement, notamment informatique, de renouvellement des produits vendus et de réflexion sur les prix pratiqués. Le maître mot est productivité, c’est-à-dire efficacité dans un secteur - la vente sur Internet - qui est porteur.
Quant aux hommes politiques, au lieu d’insulter les dirigeants d’entreprise tout en clamant par ailleurs qu’ils font tout pour les aider et qu’il faudrait davantage les associer aux dossiers, la première mesure qu’ils devraient prendre est d’amorcer la baisse de la fiscalité. Les entreprises françaises ont besoin de rétablir leur marge, c’est-à-dire leur profit, pour dégager les moyens d’investir. Tous les chefs d’entreprise le demandent ; et avant même d’en arriver là, ce qu’ils demandent c’est une vraie pause fiscale, un temps de respiration. La politique économique, c’est un peu comme la médecine : « primum, non nocere »…

Jean-Marc Daniel