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Quand l'Armée fait recalculer à la main la solde de ses soldats! 

L'armée de terre vérifie actullement la solde de 120.000 militaires et civils

L'armée de terre vérifie actullement la solde de 120.000 militaires et civils - Gérard Julien-AFP

Conséquence des bugs de son logiciel de paie Louvois, la Défense va tenter de récupérer cette année 82 millions de trop versés aux militaires. Pour éviter les nouvelles erreurs, l'Armée de terre fait recalculer à la main la solde de ses soldats!

En 2017, le ministère de la Défense disposera d'un nouveau système de paie qui doit remplacer le calamiteux logiciel Louvois, après trois ans de couacs et près de 500 millions d'euros d'investissements publics. Mais en attendant, l'Armée doit faire avec. 

Voici peu, devant la commission de la Défense du Sénat, le général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'Armée de terre, a avoué que pour éviter les erreurs dans le montant des soldes, "un double comptage est réalisé à la main (...) en particulier au delà de 10.000 euros par mois, somme tout à fait anormale pour un militaire".

Il a aussi confié que des officiers devaient parfois accompagner certains de leurs hommes au centre des impôts pour expliquer au fisc que leurs revenus réels n'étaient pas ceux inscrits sur leur feuille d'impôt à cause de Louvois...

200 intérimaires civils recrutés

Le chef d'état-major a également reconnu que l'Armée de terre, la plus impactée par les dysfonctionnements de Louvois, vient de régulariser les versements des soldes de 56.000 de ses personnels. Et elle a lancé une seconde campagne concernant 120.000 autres militaires, en particulier ceux n'ayant pas reçu la totalité de leur dû.

Mais pour ce faire, l'armée de terre a dû recruter 200 intérimaires civils pour renforcer les 730 personnes de son centre de traitement et de paiement des soldes de Nancy. 

La Défense doit faire crédit

En tout cas, selon le récent rapport sur l'exécution du budget 2014 présenté par la Cour des comptes, la Défense n'a récupéré l'an dernier que 42 millions d'euros de trop perçus versés en 2012 à ses personnels, soit 30% seulement des sommes à recouvrer. 

L'exercice est difficile car les bénéficiaires, si l'on peut dire, sont souvent des contractuels que la Défense a du mal à retrouver et à faire rembourser. Par ailleurs, d'autres personnels ayant bénéficié d'indus ne sont tout simplement pas en mesure de les rembourser immédiatement. La Défense doit donc leur faire "crédit". 

Pour 2014, le montant des "indus" a encore atteint 112 millions d'euros, note la Cour. Elle rappelle que le ministère de la Défense prévoit de récupérer cette année 82 millions de trop perçus. Prévision peut-être optimiste. 

P.C