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Primaire à gauche: Hamon prône la mutualisation des dettes françaises et allemandes

Benoît Hamon, candidat à la primaire socialiste.

Benoît Hamon, candidat à la primaire socialiste. - GEORGES GOBET / AFP

L’ex-ministre de l’Éducation nationale a affirmé sa volonté de mutualiser les dettes souveraines de l’Union européenne lors du troisième débat de la primaire de la gauche. Pour cela, il faudra toutefois réussir à convaincre l’Allemagne.

Peu présent jusqu’alors dans la campagne de la primaire de la gauche, le sujet de la dette publique a été abordé lors du troisième et ultime débat diffusé sur France 2 ce jeudi soir. Benoît Hamon, dont la mesure phare du revenu universel est particulièrement coûteuse, souhaite pour sa part jouer la carte de la négociation. Il a notamment évoqué l’idée de mutualiser les dettes souveraines de l’Union européenne. Et notamment entre la France et l'Allemagne. 

“La question centrale dans l’Union européenne est de savoir de quelle manière nous sommes les uns et les autres cautions mutuelles de nos dettes nationales respectives. Débat extrêmement difficile à avoir avec l’Allemagne”, a déclaré l’ex-ministre de l’Éducation nationale.

Autrement dit, Benoît Hamon souhaite demander un effort à l’Allemagne pour aider à éponger les dettes de ses voisins. Il est cependant peu probable que la première puissance européenne se laisse convaincre, elle qui voit sa dette baisser quand celle de la France atteint près de 2200 milliards d’euros.

“Les dirigeants allemands évolueront rapidement”

Le candidat Hamon persiste et signe en proposant de mutualiser la dette européenne: “Je pense que l’Allemagne et la France ont intérêt à resserrer leurs intérêts respectifs et que cette question de la mutualisation de la dette européenne sera une question vis-à-vis de laquelle, vous verrez, que les dirigeants allemands évolueront rapidement”.

Mettant sur le même plan la dette environnementale et la dette comptable, Benoît Hamon veut jouer la carte de la négociation: “La question qui se pose à nous, vis-à-vis des générations futures, se pose-t-elle simplement en termes de dette comptable ou de dette environnementale? Je pense que les banquiers ou les marchés qui détiennent les dettes, nous pouvons négocier avec eux, la planète non”.

Une idée peu partagée par ses concurrents pour la primaire à gauche. Manuel Valls lui a répondu sur le principe de laisser filer la dette, y compris pour relancer la croissance. L'ancien Premier ministre ne veut "pas d’une gauche qui fait des promesses illimitées, des propositions à crédit pour perdre totalement son crédit".

Paul Louis