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Pression fiscale : les artisans « sacrifiés » se mobilisent

Entrée d'une fromagerie parisienne qui participe au mouvement de colère des artisans-commerçants contre la pression fiscale.

Entrée d'une fromagerie parisienne qui participe au mouvement de colère des artisans-commerçants contre la pression fiscale. - -

Les artisans-commerçants entament ce mercredi un mouvement de colère contre la prochaine hausse de la TVA et la pression fiscale grandissante. Des artisans témoignent sur RMC de leurs difficultés, alors que 144 commerces ferment chaque jour.

Ils se disent « sacrifiés, mais pas résignés ». Les 1,3 millions d'artisans-commerçants sont appelés à partir de ce mercredi à entamer un mouvement de contestation qui doit durer 15 jours. A l’instar des Bonnets rouges, les artisans-commerçants dénoncent eux aussi la pression fiscale, et surtout la prochaine hausse de la TVA au 1er janvier (de 19,6 à 20% et de 7 à 10 % pour la restauration). « 6 entreprises de proximité disparaissent en France chaque heure, soit 144 par jour et plus de 53 000 depuis un an », se désole l’Union professionnelle artisanale (UPA). Ce n’est rien de moins que « le plus grand plan social jamais réalisé ». Le syndicat réclame une baisse immédiate du coût du travail, ou encore le retrait de toutes les charges sociales supplémentaires mises en place depuis début 2013 et qui pèsent plus d’un milliard d’euros.

« De plus en plus difficile de se sortir un salaire »

RMC a rencontré Véronique, gérante d’un institut de beauté à Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne. Elle emploie une salariée et assure que les taxes l’étouffent : « Ça devient de plus en plus difficile de se sortir un salaire, donc je donne des cours à côté pour pouvoir payer mon loyer. On est vraiment dégouté de travailler pour rien. Ça paraît aberrant d'avoir investi autant d'argent, autant d'années, et de ne pas pouvoir s'en sortir au bout de 22 ans ».
Alain est gérant d’un restaurant depuis 10 ans dans le 2e arrondissement de Paris. Au 1er janvier, le taux intermédiaire de la TVA sur la restauration passera de 7% à 10%. Cela va lui coûter « 30 000 euros à l'année. J'ai expliqué à mon personnel que je ne voulais pas répercuter cette hausse de TVA sur les clients. Du coup, cela va impacter les investissements et les augmentations de salaire. J'augmentais chaque année 8 personnes, cette année ce sera seulement 4 personnes », regrette-t-il.

« Ce n'est pas en cassant que l'on fait avancer la société »

S’ils se disent à bout, les artisans-commerçants n’ont, contrairement à certains manifestants bretons, pas prévu d’actions violentes. Leur colère est symbolisée par une affiche noire apposée sur leur vitrine et barrée des mots « sacrifiés mais pas résignés ». « Ce n'est pas en cassant que l'on fait avancer la société, déclare Jean-Pierre Crouzet, président de l’Union Professionnelle Artisanale (UPA). Le poujadisme, c'est d'une autre époque. Nous voulons être considérés comme des chefs d'entreprises et nous souhaitons juste être entendus par le gouvernement sur ce que nous représentons et les voix d'avenir qui sont les nôtres ». Après les « Pigeons », les « Tondus », les « Sacrifiés » espèrent à leur tour faire plier le gouvernement.

Le titre de l'encadré ici

|||-> TVA : reporter la hausse de janvier ?

Philippe Gril avec Benjamin Smadja