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Prélèvement à la source: Bercy a-t-il dépensé 50 millions pour rien?

Abandonner la réforme du prélèvement de l'impôt sur le revenu, voté sous Hollande? Le nouveau gouvernement ne l'exclut pas. La mesure qui devait entrer en vigueur en 2018 a pourtant déjà coûté 50 millions d'euros à l'État.

Le nouveau gouvernement n'exclut plus d'enterrer la mesure économique phare de l'ancienne mandature: le prélèvement à la source, c'est-à-dire la ponction de l'impôt sur les revenus de l'année en cours, et non plus sur ceux de l'année précédente.

"Si c'est une source de complexité pour les entreprises, nous ne le ferons pas" a déclaré jeudi Gérald Darmanin, le nouveau ministre de l'Action et des Comptes publics, laissant entrevoir un arbitrage bien plus radical que le report d'un an évoqué par Emmanuel Macron pendant la campagne. Si cette option se confirme, Bercy aura dépensé beaucoup d'énergie et d'argent en vain.

Le ministère de l'Économie et des Finances, tel qu'il s'appelait sous Hollande, a en effet déjà dépensé au total 50 millions d'euros. En frais administratifs, développement de systèmes informatiques adaptés, formations des fonctionnaires ou encore communication. Dernier exemple en date: il y a tout juste un mois, le ministère a lancé une vaste campagne à la télé et dans la presse, pour 3 millions d'euros.

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S'y ajoutent évidemment le temps et l'énergie dépensés par les équipes, moins quantifiable mais également coûteux. Depuis un an et demi, aussitôt après le vote de la mesure au Parlement, une task force d'une dizaine de personnes travaille à plein temps sur cette réforme, entourée d'une centaine d'experts.

Le prélèvement à la source a d'ailleurs fait l'objet de la plus grosse étude d'impact jamais réalisée, qui a donné lieu à la rédaction d'un pavé de près de 500 pages. Enfin, 20.000 agents du fisc ont déjà été formés à la bascule. Le plus mobilisé d'entre tous, Christian Eckert, n'a pas hésité à faire un tour de France pour rassurer sur cette réforme. Pour l'ancien secrétaire d'État au Budget, l'abandonner serait donc un beau gâchis.

Caroline Morisseau, édité par N.G.