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Moscovici: "la France est un pays qui se réforme"

Pierre Moscovici a minimisé les conséquences de la dégradation de la note de la France par S&P.

Pierre Moscovici a minimisé les conséquences de la dégradation de la note de la France par S&P. - -

Le ministre de l'Economie a réagi à la dégradation de la note de crédit de la France par Standard and Poor's, ce vendredi 8 novembre. Il a considéré que les critiques de l'agence sont "excessives".

"Des critiques excessives". Voilà comment Pierre Moscovici juge les observations émises par Standard and Poor's à l'égard de l'économie française.

L'agence de notation a dégradé la note de crédit de la France de AA+ à AA, ce vendredi 8 novembre. Le ministre de l'Economie et des Finances s'est ainsi appliqué à minimiser cette décision.

"La note de la France reste une note extrêmement élevée", a-t-il affirmé, soulignant que seuls quelques pays en Europe, comme le Luxembourg, l'Allemagne ou la Finlande bénéficient d'une meilleure notation.

"Résultat, les investisseurs peuvent et vont continuer de faire confiance à la France", a-t-il poursuivi. Pour justifier sa déclaration, Pierre Moscovici a cité l'évolution du marché, les taux de la dette française ayant été épargnés ce vendredi.

La France a "de nombreux atouts"

Alors que S&P reproche à la France son manque d'efforts concernant les réformes structurelles, le ministre a au contraire soutenu "la France est un pays qui se réforme", citant par exemple la réforme du marché du travail, la réduction des déficits et la modernisation de l'action publique.

Il a estimé que "ces réformes commencent à produire leurs effets", s'appuyant sur les bons chiffres de la croissance française, enregistrés au deuxième trimestre.

Il a également défendu "les nombreux atouts" de l'Hexagone: "Une démographie forte, la qualité de ses infrastructures, l'excellence de son système éducatif et universitaire, une main d’œuvre qualifiée, sa capacité à innover", a-t-il énuméré.

Passe d'armes entre Christian Noyer et S&P

Pierre Moscovici a aussi jugé que "la croissance française est en train de repartir (...) Nous aurons une croissance de 0,9 à 1 point au moins en 2014" et "une croissance que le FMI, l'OCDE, la commission européenne et donc (le gouvernement) estime supérieure à 1,7% en 2015" traduisant "la constance du cap" suivi par le gouvernement".

Dans la foulée, Pierre Moscovici a enregistré un allié de poids. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a, en effet, estimé que l'analyse de S&P était "incomplète".

"Je dois dire qu'une autre opinion basée sur les mêmes faits" aurait conclu que "le pays est sur la bonne voie", a-t-il ajouté.

"Notre analyse est 100% complète" et "nous couvrons tous les points qui justifient la note de la France" a répondu Myriam Fernandez de Heredia, qui dirige les équipes de Standard and Poor's chargées de la notation des Etats européens, lors d'une conférence de presse.

J.M.