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Moody’s adresse une nouvelle pique à la France

Moody's estime que la croissance française s'accélère de manière trop lente.

Moody's estime que la croissance française s'accélère de manière trop lente. - Emmanuel Dunand - AFP

Alors qu’elle a une nouvelle fois abaissé la note de la France, l’agence de notation a justifié sa décision par les "contraintes" politiques pesant sur les finances publiques.

Si l’annonce était prévisible, le commentaire accompagnant la dégradation de la note française par Moody’s a dû piquer au vif le gouvernement. L'agence a en effet abaissé lancé une nouvelle pique contre la "faible" croissance" et les "contraintes politiques" du pays qui pèsent sur ses finances publiques.

Rendu deux semaines avant la présentation du budget 2016, le verdict n'est toutefois pas totalement sans appel: Moody's assure ainsi que le niveau de solvabilité du pays reste "extrêmement élevé".

Mais l'agence américaine, qui a décidé d'abaisser la note française d'un cran à Aa2, n'en reste pas moins préoccupée par le cocktail de croissance atone et de blocages politiques qu'elle croit déceler dans l'Hexagone. "La raison principale de la décision (...) tient dans la certitude de plus en plus forte que la croissance économique française restera faible à moyen terme", écrit-elle dans un communiqué. Cette tendance est, selon elle, appelée à perdurer "jusqu'à la fin de la décennie" et constitue un obstacle de taille pour réduire "significativement" l'important fardeau de la dette française.

Publié en fin de soirée à Paris, le communiqué a aussitôt fait réagir le ministre des Finances Michel Sapin qui a tenu à défendre "la qualité de la signature de l'Etat français".

Une "érosion de la compétitivité"

Sans surprise, l'agence de notation, qui avait déjà privé la France de son "AAA" -la meilleure note possible- fin 2012, se montre moins enthousiaste. Selon elle, la reprise en France est "plus lente" que celle observée au cours des dernières décennies et le pays souffrirait d'une "érosion de sa compétitivité". 

L'activité économique française a stagné au deuxième trimestre après une croissance de 0,7% du produit intérieur brut pendant les trois premiers mois de l'année. En dépit de cette contre-performance, le gouvernement français table toujours une croissance économique de 1% sur l'ensemble de l'année et de 1,5% pour 2016. Parallèlement, la dette publique de la France se montait à la fin du premier trimestre à 2.089,4 milliards d'euros, soit 97,5% de son produit intérieur brut (PIB).

Plus généralement, Moody's estime que la France fait face à d'"importants défis" tels qu'un haut niveau de chômage structurel et de "faibles marges de rentabilité des entreprises". L'agence, apôtre du libre marché, s'immisce également dans le débat sur le marché du travail en assurant que la perte des parts de marché de la France à l'international est liée à d'"anciennes rigidités".

Moody's envoie également une petite pique contre les "contraintes institutionnelles et politiques" qui compliqueraient l'avancement des réformes. Le ministre des Finances a là aussi répliqué en réaffirmant l'engagement de la France à "poursuivre et amplifier sa politique de réformes visant à soutenir le potentiel de croissance et d'emploi de l'économie française".

Mi-septembre, le gouvernement s'était à nouveau à nouveau engagé à réduire le déficit public en 2016 à 3,3% du PIB et à tout faire pour inverser la courbe du chômage conformément aux engagements maintes fois répétés du président François Hollande. "Nous tiendrons nos engagements", avait alors assuré le ministre des Finances Michel Sapin.

Y.D. avec AFP