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Michel Barnier: "le programme de Valls va dans la bonne direction"

Le commissaire européen Michel Barnier était l'invité de BFM Business, mardi 22 avril.

Le commissaire européen Michel Barnier était l'invité de BFM Business, mardi 22 avril. - -

Invité de BFM Business, ce mardi 22 avril, le commissaire européen a encouragé le Premier ministre dans son combat pour réduire la dépense publique. Et a appelé le gouvernement à poursuivre ses efforts en matière de réduction du déficit.

Quelques mois avant la fin de son mandat de commissaire européen, Michel Barnier ne lève pas le pied et continue de mettre la pression sur la France afin qu'elle réduise son déficit public. Une réduction qui passera évidemment par des mesures fortes, dont des économies. Dans cette optique, l'ex-ministre UMP de Nicolas Sarkozy a jugé, au micro de BFM Business ce mardi 22 avril, que "le programme de Manuel Valls (allait) dans la bonne direction, même si je pense qu’il devrait aller plus loin, plus fort, plus vite".

Interrogé sur une éventuelle cure d'austérité que devrait subir le pays, il a réfuté cette hypothèse: "ce n’est pas l’austérité telle qu’on l’a connue par exemple en Grèce, avec des suppressions massives de fonctionnaires, des amputations de retraites, de salaires, etc. Il s’agit de bonne gestion, de redonner de l’oxygène aux entreprises, d’être responsable à l’égard des générations futures". Et de citer Pierre Mendès-France, appelant à "ne jamais sacrifier l’avenir au présent".

"Laisser l'idéologie de côté"

Dans ce contexte, l'alternative aux 50 milliards d'économies, proposée notamment par la députée Karine Berger, ne constitue pas un bon signal, selon Michel Barnier. Ce dernier estime en effet qu'il faut "laisser de côté l’idéologie au profit de cette économie des territoires qui n’est pas de gauche ou de droite".

Le commissaire européen, qui possède toujours sa carte à l'UMP, pourrait d'ailleurs encourager le gouvernement socialiste. "Si le gouvernement fait de vraies réformes, sur des sujets ciblés, alors il devrait être possible d’avoir un accord politique temporaire entre la gauche et la droite", a-t-il ainsi affirmé.

"Une question de responsabilité"

Interrogé sur le pacte de stabilité présenté mercredi 23 avril par le gouvernement, Michel Barnier a fait passer le message: "la trajectoire doit être préservée. Elle n’est pas seulement demandée par Bruxelles, c’est une question de confiance avec tous nos partenaires. Nous payons 46 milliards d’euros de service de la dette chaque année, c’est plus que le budget de l’Education nationale et de la Formation professionnelle. Qu’est-ce qu‘on attend pour réduire cette dette? C’est une question de responsabilité par rapport aux générations futures".

Y. D.