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Manuel Valls défend la création d'un revenu universel en France

Le Premier ministre, Manuel Valls, lors d'un déplacement à Bordeaux (Gironde) le 27 octobre 2016.

Le Premier ministre, Manuel Valls, lors d'un déplacement à Bordeaux (Gironde) le 27 octobre 2016. - Nicolas Turcat - AFP

Le Premier ministre a soutenu jeudi à Bordeaux un projet de revenu universel garanti. Celui-ci fusionnerait différentes aides sociales pour assurer une "sécurité nouvelle face aux risques nouveaux de précarité".

"Le progrès social, c'est une invention permanente" a déclaré Manuel Valls lors d'une visite au Conseil départemental de Gironde, qui a lancé fin septembre une simulation de plusieurs mois sur le revenu universel à partir de quatre scénarios.

"Les risques de la vie ne sont plus les mêmes", a rappelé le Premier ministre, citant la "multiplication des emplois à temps partiel, contrats courts, périodes de chômage". Aussi, "notre protection sociale doit s'adapter à ces nouveaux parcours". Il faut "protéger les salariés, mais aussi les indépendants, les chômeurs, ceux qui cumulent plusieurs activités, ceux qui sont en transition professionnelle, ceux qui font face à la précarité".

Pour le Premier ministre, défendre un revenu de base garanti pour tous, "c'est affirmer ce que doit être notre modèle social, mais aussi imaginer ses évolutions, son financement". Car "la lutte contre la pauvreté et la précarité sont plus que jamais, pour moi, une grande cause nationale", a-t-il lancé soignant ainsi son image d'homme de gauche

"L'objectif n'est pas de remplacer notre protection sociale"

Plaidant pour un revenu universel qui fusionnerait "les multiples dispositifs existants", Manuel Valls a rappelé que "l'objectif n'est pas de remplacer notre protection sociale par le versement à tous d'une somme forfaitaire", mais de faire face à des "risques nouveaux de précarité" et "d'encourager les initiatives, l'entrepreunariat en assurant aux Français qu'ils seront protégés en cas d'échec".

"La mise en place ne se fera pas du jour au lendemain, c'est l'horizon d'un quinquennat", a toutefois souligné le Premier ministre, qui propose d'étendre "dès 2018" l'accès au Revenu de solidarité active (RSA) afin de "garantir aux jeunes un revenu minimal".

Dans une attaque visant une partie de la droite, Manuel Valls a fustigé "ceux qui parlent d'assistés" et "sont si loin de la réalité". "Moi je ne crois pas qu'il y ait des millions d'assistés dans notre pays! Non, il y a des étudiants, des familles monoparentales, des demandeurs d'emplois, des travailleurs modestes, des petits retraités, des ouvriers, des salariés qui ont besoin d'être accompagnés", a-t-il lancé.

Le 19 octobre, une mission d'information du Sénat avait proposé que différentes modalités d'un revenu de base ou revenu universel soient expérimentées rapidement "dans des territoires volontaires". 

L'exemple girondin

Devançant les préconisations des parlementaires, le département de la Gironde (dirigé par le socialiste Jean-Luc Gleyze) où 180.000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, avait lancé dès septembre, en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès, proche du Parti socialiste, une simulation s'appuyant sur quatre scénarios: une fusion de plusieurs aides sociales, une fusion de dix minimas sociaux, un revenu de base universel et inconditionnel de 750 euros et un revenu de base universel et inconditionnel de 1.000 euros.

A.M. avec AFP