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Macron: en 2018 "aucun autre budget que celui des armées ne sera augmenté"

Emmanuel Macron compte faire passer le budget de la Défense à 2% du PIB d'ici à 2025.

Emmanuel Macron compte faire passer le budget de la Défense à 2% du PIB d'ici à 2025. - Matthieu Alexandre - AFP

Pour enrayer la situation de crise née de l'annulation de 850 millions d'euros de crédits sur le budget de la Défense, Emmanuel Macron a annoncé que l'an prochain l'étau budgétaire serait desserré. Selon Le Figaro, l'exécutif songerait par ailleurs à dégeler des crédits mis en réserve.

Après la crise qui a provoqué la démission du chef d'État-Major des armées Pierre de Villiers, l'exécutif semble vouloir calmer quelque peu le jeu.

Ainsi, le président de la République Emmanuel Macron a encore affirmé devant les militaires que le ministère de la Défense serait le seul à voir son budget augmenter l'an prochain. "Aucun budget autre que celui des armées ne sera augmenté" en 2018, a-t-il ainsi assuré. 

Pour rappel, les tensions avec la Grande Muette ont eu pour point de départ la volonté du gouvernement d'annuler pour 850 millions d'euros de crédits du ministère de la Défense, principalement sur les équipements militaires, pour tenir les objectifs de déficit et réaliser dans ce but 4,5 milliards d'euros d'économies pour cette année. Pierre de Villiers avait jugé ces efforts "non tenables" et avait même déclaré qu'il ne se laisserait pas "baiser" par Bercy.

Crédits "dégelés"

Après un grand épisode de tension, le gouvernement va donc revoir à la hausse le budget du ministère de la Défense.

Par ailleurs, selon Le Figaro, il envisagerait de dégeler une partie des crédits du ministère mis en réserve au début de l'année.

Lors de chaque loi de Finances, chaque ministère doit en effet mettre en réserve une partie des crédits ouverts sur le programme du budget général. "Ces crédits 'gelés' doivent permettre de couvrir les aléas tant dans une logique d'auto-assurance d'une part, que dans une logique de solidarité ministérielle", expliquait la lettre de Bercy envoyée fin décembre aux comptables ministériels.

Dans le cas du ministère de la Défense, l'enveloppe, qui nécessite l'aval du Premier ministre pour être débloquée, s'élève à 1,9 milliard d'euros. "Ce dégel permettrait de lisser les conséquences négatives du coup porté aux crédits d'équipement des forces", écrit Le Figaro.

Les coupes annoncées avaient aussi suscité l'incompréhension d'une partie de la classe politique. Le sénateur LR Jean-Pierre Raffarin, qui avait pourtant vanté en mai "la qualité" d'un entretien avec Emmanuel Macron au sujet du budget de la Défense, considérait que ces économies remettaient en cause la trajectoire visant à porter le Budget de la Défense à 2% du PIB d'ici à 2025. Objectif qu'Emmanuel Macron a encore réaffirmé mercredi lors du Conseil des ministres.

J.M.