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Le gouverneur de la Banque de France s'inquiète pour la bonne tenue des comptes publics

Pour François Villeroy de Galhau, "il faut absolument descendre sous les 3% de déficit en 2017".

Pour François Villeroy de Galhau, "il faut absolument descendre sous les 3% de déficit en 2017". - Kazuhiro Nogi - AFP

François Villeroy de Galhau estime qu'il existe un risque que les comptes publics dérapent.

Il existe un "risque" de voir les comptes publics déraper alors que se profile l'élection présidentielle de 2017. C'est ce qu'a estimé le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, dans un entretien au journal La Croix. "Notre politique budgétaire ne doit pas subir des à-coups, y compris en fonction d'échéances électorales", a-t-il déclaré dans cet entretien à paraître lundi.

Interrogé sur la possibilité que les finances publiques dérapent, il a répondu: "Attendons de voir le budget 2017 définitif. Mais en effet, il y a un risque". "Il faut absolument descendre sous les 3% de déficit en 2017 - comme le gouvernement s'y est engagé - et ce avec des mesures crédibles", a-t-il insisté.

"C'est important pour notre crédibilité en Europe et pour notre intérêt national, alors que nous avons trop de dette et de dépenses publiques", a-t-il souligné.

Le gouvernement a détaillé cette semaine les grands axes de son budget 2017, qui prévoit une hausse de 6,8 milliards d'euros des dépenses de l'Etat, financées "en partie" seulement par des efforts compensatoires. Il a toutefois assuré que l'État tiendrait ses objectifs de déficit, fixés à 2,7% du produit intérieur brut (PIB) pour 2017.

Pas de répétition de Lehman Brothers

François Villeroy de Galhau a par ailleurs indiqué ne pas croire "à la répétition du scénario Lehman Brothers", du nom de la banque d'affaires américaine qui a fait faillite et provoqué la crise financière de 2008, alors que les marchés ont été agités par les craintes face au Brexit. "Les situations sont très différentes", a-t-il expliqué.

"Les systèmes bancaires, y compris français, sont beaucoup plus solides aujourd'hui qu'en 2008. Et grâce notamment aux banques centrales, les liquidités circulent toujours sur les marchés et dans l'économie, contrairement à 2008", a-t-il fait valoir.

D. L. avec AFP