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Le dernier budget Hollande entaché "d'insincérités" pour la Cour des comptes

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- - Daniel Janin - AFP

La Cour des comptes, qui s'apprête à dévoiler son audit des finances publiques, estime que les derniers textes budgétaires élaborés sous Hollande sont "entachés d'insincérités".

Le Premier président de la Cour des comptes Didier Migaud va livrer ce jeudi le rapport de son institution sur l'état des finances publiques commandé par le Premier ministre Édouard Philippe. Il doit permettre au gouvernement de prendre les mesures adéquates pour repasser sous les 3% de déficit cette année. Alors qu'il doit s'exprimer à 15h30 (à suivre en direct sur BFM Business), des informations sur son contenu commencent déjà à fuiter. 

La Cour des comptes prévoit bien un déficit public de 3,2% du PIB en 2017, contre 2,8% initialement prévu par le précédent gouvernement. Précédent gouvernement que les sages fustigent dans le rapport: ils estiment que les derniers textes budgétaires élaborés sous Hollande sont "entachés d'insincérités". Ainsi, la Cour estime que tenir l'objectif de déficit public pour 2018 nécessitera un effort "sans précédent". 

Dérapage d'environ 8 milliards d'euros

En cause: une sous-budgétisation pour certains ministères, mais aussi la recapitalisation d'Areva, qui pourrait conduire à dégrader les comptes publics de 2,3 milliards d'euros, et un rendement plus faible que prévu de la cellule de régularisation fiscale pour les contribuables détenant un compte caché à l'étranger.

Concrètement, cela correspond à un dérapage d'environ 8 milliards d'euros par rapport aux prévisions. Commandé par le Premier ministre Edouard Philippe à la haute juridiction financière afin de disposer d'une publication "transparente" avant l'élaboration du premier budget du quinquennat Macron, ce rapport évalue le risque de dérapage budgétaire "à politique inchangée", ne se basant que sur les décisions publiques prises sous le précédent gouvernement, et non sur les promesses de campagne d'Emmanuel Macron.

Des pistes d'économies

Au détour de son rapport, la Cour formule plusieurs pistes possibles d'économies et d'amélioration de l'efficacité des politiques publiques. Elle propose par exemple de réduire le nombre de fonctionnaires, dont la masse salariale représente un quart des dépenses publiques en France, en ne remplaçant plus qu'un fonctionnaire sur 4 partants en retraite. Elle évoque également une limite à la hausse de leur rémunération, en indexant prime et indemnités sur le point d'indice. 

Toujours sans se prononcer sur les mesures d'économies qui devront être retenues pour réduire le déficit public, elle liste encore d'autres leviers d'action: revoir les dépenses allouées à l'éducation (baisse du coût du lycée, hausse des droits d'inscription à l'université, indexation des dotations sur les performance...), mutualiser les achats de la gendarmerie et de la police, mieux cibler les aides au logement, harmoniser les retraites du privé et du public, maîtriser les dépenses de santé et revoir les règles d'indemnisation de l'Assurance chômage.

N.G. avec AFP