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Le blocus des gros céréaliers fait un flop

Les manifestations avaient commencé tôt ce jeudi 21 novembre

Les manifestations avaient commencé tôt ce jeudi 21 novembre - -

Les agriculteurs d’Ile-de-France ont mis fin au blocus de Paris, jeudi 21 novembre. La réforme de la Politique agricole commune (PAC) reste le principal motif de contestation. D'autres manifestations agricoles sont prévues en France les 26 et 29 novembre.

Le blocus des axes routiers parisiens, organisé par la FDSEA Île-de-France et les Jeunes Agriculteurs n'aura durer que quelques heures. Les organisateurs ont en effet appelé à lever les barrages après qu'un jeune pompier a trouvé la mort dans un accident. Des agriculteurs d'autres régions, comme le Centre et le Nord, maintienne, pour le moment, leur appel à manifester les 26 et 29 novembre.

Il est peu probable que la remise à plat de la fiscalité, promise par Jean-Marc Ayrault, attenuera la fronde des agriculteurs d’Ile-de-France. Ces derniers dénoncent en effet une surfiscalisation de leur secteur.

La hausse de la TVA, prévue le 1er janvier, est notamment dans le viseur.

Mais en surfant sur la vague de l’exaspération fiscale, les agriculteurs franciliens, dont beaucoup de céréaliers, veulent surtout protester contre la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Celle-ci privilégie en effet les petites exploitations, comme celles des éleveurs, par rapport aux grandes, très présentes en Ile-de-France.

Le gouvernement défend la logique d'équité

Plus précisément, la France a défendu et obtenu à Bruxelles de pouvoir verser plus d’aides aux 52 premiers hectares des exploitations, en tenant compte du nombre d’actifs.

Une "surprime" de 1,5 milliard d’euros (soit 20% des aides directes de l’UE à la France) qui vise à soutenir les petites et moyennes structures. "Ce n’est qu’au-dessus de 150 hectares que les aides baisseront", indiquait ainsi Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, dans un entretien aux Echos, en octobre dernier.

Le tout au grand dam de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui y voit une politique sociale plutôt qu’une vraie stratégie en faveur de l’agriculture.

Les céréaliers, directement impactés, font notamment valoir que cette réforme menace leur activité. Le gouvernement, de son côté, met en avant une plus grande équité et un rééquilibre des aides publiques.

Parmi les mieux lotis

Les agriculteurs d'Île-de-France font par ailleurs parti des plus riches de France. Selon les chiffres du ministère d'Agriculture, une exploitation agricole en Île-de-France gagnait en 2012 entre 70.000 et 104.700 euros. A titre de comparaison, dans l'Hérault, la fourchette va de 13.600 à 20.000 euros.

En outre, toujours selon les chiffres du ministère, le revenu moyen de 2012 des exploitations céréalières, majoritaires en Île-de-France, était de 76.500 euros contre 38.300 euros en moyenne. Le ministère évoque ainsi "des écarts de revenus importants".

De plus, ce dernier indique qu'en 2010 les aides moyennes versées au titre de la PAC aux céréaliers étaient de 26.660 euros contre une moyenne de 21.893 euros.

"Ce sont les plus subventionnés. 80% des primes vont aux 20% des plus gros agriculteurs. Nous avons besoin de faire preuve de solidarité à l'égard des plus défavorisés", s'énervait ce matin Jean Glavany, l'ancien ministre de l'Agriculture, sur Europe 1.

Y. D.