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La Sécu pourrait-elle disparaître?

La Sécu a besoin d'être réformée.

La Sécu a besoin d'être réformée. - Damien Meyer - AFP

Le système de protection sociale fête ses 70 ans ce mardi 6 octobre. Pourtant, les Français doutent de sa pérennité.

Les Français sont anxieux. Le système de protection sociale fête ses 70 ans ce mardi 6 octobre, mais durera-t-il encore longtemps? Huit Français sur dix se disent inquiets quant à la pérennité de la Sécurité sociale, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien-Aujourd'hui en France et France Info.

Pour garantir son avenir, 74% disent qu'il serait urgent de la réformer en profondeur, 25% pensent qu'elle peut tout à fait continuer à fonctionner comme aujourd'hui, et 1% ne se prononce pas. 43% des sondés ne font confiance à aucune des grandes forces politiques pour garantir la pérennité du système, 22% font le plus confiance à la gauche, 21% à la droite, 13% au Front national et 1% ne se prononce pas.

Garantir "les travailleurs et leurs familles" contre les aléas de la vie

Les fondements de cette protection sociale, posés par l'ordonnance du 4 octobre 1945 et nés juste après la guerre, n'ont pas changé. Il s'agissait alors, comme aujourd'hui, de garantir "les travailleurs et leurs familles" contre les aléas de la vie, en permettant à chacun de cotiser selon ses moyens et de recevoir selon ses besoins.

Le système solidaire inspiré du Conseil national de Résistance (CNR) et mis sur pied par Pierre Laroque, haut fonctionnaire, et Ambroize Croizat, ministre du travail, n'a pas cessé d'évoluer. Vieillissement de la population, augmentation de l'espérance de vie, croissance du chômage ont nécessité de nombreuses réformes, la solidarité dépassant désormais largement le champ des salariés.

Si pour beaucoup, la Sécu rime avec maladie, elle gère aussi les prestations destinées aux familles, la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles, les retraites et la solidarité en faveur des personnes âgées. Difficile pour l'Etat de maintenir tous ces postes de dépenses à l'équilibre, d'autant plus que les cotisations s'amoindrissent avec la crise. Résultat, la Sécu est constamment déficitaire depuis 2002. Le gouvernement rappelle qu'il s'emploie à résorber ce "trou", visant un déficit sous la barre des 10 milliards en 2016.

Aggravation du déficit de l'assurance maladie

François Hollande insiste sur le redressement des comptes, passés de -21 milliards d'euros de déficit en 2012 à 12,8 milliards en 2015. Le régime des retraites devrait reprendre des couleurs dès 2016, se retrouvant en léger excédent (500 millions d'euros), grâce au recul de l'âge de départ à 62 ans voté en 2010 et à l'allongement de la durée de cotisation adoptée en 2014.

Eternel point noir, le déficit de l'assurance maladie s'aggravera en 2015, à -7,5 milliards d'euros. Refusant de piocher dans la poche des assurés via des franchises ou des déremboursements, le gouvernement préfère faire la chasse aux actes inutiles et de développer l'ambulatoire, mais le retour à l'équilibre n'est pas prévu avant au moins 2020.

D. L. avec AFP