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La crise a aggravé le chômage de longue durée  

La crise a fait progresser le nombre de chômeurs de longue durée de 400.000 en cinq ans

La crise a fait progresser le nombre de chômeurs de longue durée de 400.000 en cinq ans - Philippe Huguen - AFP

La crise survenue en 2008 a plus durement frappé les personnes aux revenus les plus modestes, selon l'édition 2014 du portrait social de la France. Elle a ainsi stoppé la baisse des inégalités de salaires et augmenté le nombre de chômeurs de longue durée.

La crise a frappé plus durement les ménages les moins aisés. C'est le constat qui domine l'édition 2014 du "Portrait social de la France" publié ce mercredi 19 novembre par l'Insee.

Deux phénomènes relevés par l'Institut de conjoncture le démontrent particulièrement. Le premier porte sur le nombre de chômeurs de longue durée, c'est-à-dire qui recherche un emploi depuis plus d'un an.

Ce chiffre a ainsi augmenté de 400.000 entre 2008 et 2013 pour atteindre 1,1 million. Parmi eux ils étaient 600.000 à rechercher un emploi depuis plus de deux ans.

"La crise a aggravé le phénomène de persistance dans le chômage", note l'Insee.

L'institut précise que le nombre de chômeurs de longue durée s'est accru de 56% entre 2008 et 2013, le chômage global augmentant de 43% sur la même période.

Des inégalités salariales qui ne diminuent plus

Autre tendance relevée par l'Insee, la fin de la baisse des inégalités salariales, avec une hausse de l'écart entre les salaires les plus bas et les intermédiaires.

"Alors que les inégalités de revenus salariaux baissent globalement entre 2002 et 2007, ce n'est plus le cas entre 2007 et 2012", note ainsi l'Insee.

En cause, selon les auteurs de l'étude: "un accroissement des inégalités en bas de l'échelle salariale", dont sont victimes les 10% de personnes qui touchent les revenus les moins élevés.

Leur seuil a baissé de 0,2% par an en euros constants dans les cinq ans qui ont suivi le déclenchement de la crise (2007-2012). Il était en nette augmentation auparavant (+2,1 % par an sur 2002-2007). A l'inverse, les salaires proches de la médiane (la moitié gagne moins, l'autre plus), qui s'élevait à 18.070 euros net en 2012, "progressent désormais plus rapidement que ceux plus faibles, accroissant ainsi les inégalités".

Des mesures fiscales correctrices

Néanmoins, l'Insee donne une forme de satisfecit au gouvernement en relevant que les réformes sociales et fiscales de 2013 "ont conduit à une légère diminution des inégalités du niveau de vie "en mettant davantage à contribution les plus aisés".

Parmi ces réformes, le plafonnement du quotient familial et une nouvelle tranche d'imposition à 45%. La revalorisation du revenu de solidarité active (RSA), dispositif d'aide aux personnes à faible revenu ou sans revenu, figure également parmi les mesures ayant favorisé cette tendance, d'après l'étude.

Grâce aux réformes entreprises, le niveau de vie moyen des 10% les plus aisés est seulement 6,5 fois plus élevé que celui des 10% les plus modestes. Sans elles, le rapport "se serait établi à 6,6", conclut l'Insee.

J.M. avec AFP