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La BPI ne sera pas un nouveau "machin" selon Pierre Moscovici

Pierre Moscovici se défend de vouloir créer un nouveau "machin" administratif

Pierre Moscovici se défend de vouloir créer un nouveau "machin" administratif - -

L'Assemblée nationale examine, ce jeudi 29 novembre, le projet de création de la Banque publique d'investissement. L'organisation interne de le nouvelle structure continue de poser problème.

Les députés examinent, ce jeudi 29 novembre, l'une des promesses phares du candidat François Hollande : la création d'une banque publique d'investissement destinée à soutenir les PME françaises. Celle-ci devrait être opérationnelle au début 2013.

Comme l'a annoncé Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et des Finances, qui défend le texte au Parlement, la future BPI chapeautera en fait des structures existantes : Oséo, CDC Entreprises, le FSI, le FSI régions, Ubifrance et la Coface.

Doublons

Selon le schéma proposé par le gouvernement, la holding BPI, dont l'Etat et la CDC seront les deux actionnaires à parité, chapeautera à son tour deux filiales spécialisées, l'une chargée des investissements et l'autre du financement en fonds propres.

Mais ce schéma théorique pose problèmes. D'abord, les élus locaux veulent davantage de pouvoirs au sein des futurs organes d'orientation et de direction.

Ensuite, Nicolas Dufourcq, le préfigurateur récemment nommé par le gouvernement afin de définir le statut et les structures du groupe, souhaiterait visiblement mettre en place une autre organisation. L'ex-numéro deux de Cap Gemini, qui a vocation à devenir directeur général de la BPI en janvier prochain, souhaiterait une structure "en silo", au sein duquel Oséo, l'actuelle banque des PME, deviendrait la société "faîtière" de la BPI et non une simple filiale.

Autre incertitude : le rapprochement des différentes structures entraînera-t-il des ajustements d'effectifs et des fusions de services afin de supprimer les doublons dans l'organisation ? Les syndicats, en tout cas, ont déjà fait savoir à Pierre Moscovici qu'ils étaient mobilisés autour de l'emploi.

Prudent, le ministre de l'Economie n'a jamais voulu jusqu'à présent s'avancer sur les contours pratiques de la future BPI. "Je ne suis pas l'homme des machins", s'est défendu Pierre Moscovici, lors de la discussion. La BPI sera "le porte-avion du pacte de compétitivité", a-t-il ajouté à l'inverse.

Mais le risque est bien de mettre en place un nouveau monstre administratif malgré une bonne idée de départ.

Patrick Coquidé