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Impôts: Ayrault recommande à Hollande de baisser la CSG

Jean-Marc Ayrault ne regrette pas d'avoir alourdi la fiscalité en début de quinquennat

Jean-Marc Ayrault ne regrette pas d'avoir alourdi la fiscalité en début de quinquennat - François Guillot - AFP

Alors que l'exécutif doit alléger la fiscalité des ménages, l'ex-Premier ministre propose dans une interview aux Echos de réduire la CSG pour les personnes ayant des revenus modestes. Problème: le gouvernement semble privilégier la piste de l'impôt sur le revenu.

Quels leviers activer pour tenir l'engagement de François Hollande et baisser les impôts des Français en 2016? Faut-il choisir la CSG ou l'impôt sur le revenu?

Mardi, Michel Sapin avait semblé indiquer que l'exécutif privilégiait clairement la seconde piste. "Je pense que la question de l'impôt sur le revenu est aujourd'hui la question principale pour les Français", avait-il déclaré hier sur RTL, précisant néanmoins que les arbitrages n'était pas encore rendus.

Mais l'ex-Premier ministre et actuel député PS de Loire-Atlantique Jean-Marc Ayrault, suggère lui de préférer la première option. Dans une interview aux Echos ce mercredi 27 août, il explique ainsi préconiser dans son livre coécrit avec Pierre-Alain Muet (économiste et député PS du Rhône) Pour un impôt juste, prélevé à la source "d'avancer dans la progressivité de la CSG dès 2016".

Il propose ainsi de "verser une fraction de la nouvelle prime d'activité sous forme d'une CSG dégressive, c'est-à-dire pour les revenus inférieurs à 1,3 SMIC". "C'est une mesure qui aura du sens et qui donnera de l'espoir à des gens qui pensent que nous avons renoncé". 

L'impôt sur le revenu "n'est payé que par 47% des Français"

Et Jean-Marc Ayrault de souligner qu'"agir sur la CSG aurait un effet immédiat. Cela permettrait à tous les Français de bénéficier de cet effort de redistribution" alors que l'impôt sur le revenu n'est plus payé que par 47% des Français.

"Agir à nouveau sur l'impôt sur le revenu ne ferait que diminuer encore le nombre d'assujettis, alors que l'objectif doit être d'aller vers un impôt citoyen et progressif qui soit payé par tout le monde", affirme-t-il.

Interrogé par ailleurs sur la hausse de la fiscalité qui a été effectuée en début de quinquennat, et qui a été critiquée par son successeur Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault assure assumer totalement l'effort demandé aux Français. "Il était absolument nécessaire compte tenu de l'ampleur", fait-il valoir. "Mon seul regret est de n'avoir pas suffisamment expliqué aux Français la gavité de la situation en 2012", conclut-il.

J.M.