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Déficit: Carrez (UMP) dénonce une "opération de communication'" 

Gilles Carrez, le président UMP de la Commission des finances de l'Assemblée, était l'invité de BFM Business jeudi 26 mars.

Gilles Carrez, le président UMP de la Commission des finances de l'Assemblée, était l'invité de BFM Business jeudi 26 mars. - BFM Business

Sur BFM Business, le président de la Commission des Finances de l’Assemblée a relativisé l’annonce faite par le gouvernement, faisant état d’un déficit de 4% en 2014.

L’annonce d’un déficit plus faible que prévu en 2014 n’a visiblement pas convaincu Gilles Carrez. Invité de BFM Business, le président UMP de la Commission des finances de l’Assemblée s’est en effet interrogé sur la stratégie gouvernementale, soupçonnant une "opération de communication".

"Ce chiffre de 4%, c’est mieux que les 4,4% que le gouvernement avait prévu en décembre. Malgré tout, nous restons avec un déficit beaucoup plus élevé que nos voisins européens. Et j’ajoute que le déficit voté dans la loi de finances était de 3,6%", a rappelé le député. Je me demande s’il n’y a pas eu une opération de communication du gouvernement: voyant qu’en décembre l’objectif ne serait pas tenu, le gouvernement a noirci le tableau en le portant à 4,4% et en se disant: "je pourrai ensuite afficher une amélioration puisque tout le monde a la mémoire courte"".

"Certaines bonnes nouvelles ne se reproduiront pas"

"Je suis heureux qu’il ne soit que de 4%", a-t-il cependant ajouté car, selon lui, "il aurait été catastrophique d’avoir un déficit supérieur à celui de 2013 (de 4,1%, ndlr)".

"Ce qui m’inquiète, c’est que l’on reste à ce niveau de 4%, qui représente quand même 80 milliards d’euros qu’il faut emprunter chaque année! Si l’on ne prend pas un certain nombre de réformes, notamment sur le marché du travail ou sur les effectifs de la fonction publique, nous allons rester à ce niveau", a poursuivi le député. "D’autant que certaines bonnes nouvelles ne se reproduiront pas en 2015. Par exemple, il y a eu une baisse de 2 milliards d’euros sur le prélèvement européen, c’est-à-dire sur ce que la France verse chaque année à l’Europe, après des réajustements de comptes. D’autre part, les taux d’intérêt ont été incroyablement bas".

"Le tiers payant, c'est l'irresponsabilité généralisée"

Avant de s’en prendre à la dépense publique qui ne cesse d’augmenter et qui, selon lui, constitue le problème majeur des finances publiques. Interrogé sur la solution à adopter, Gilles Carrez a rappelé que cette dépense venait "un peu des collectivités locales, mais surtout des comptes sociaux. La généralisation du tiers payant, par exemple, c’est une erreur monstrueuse!" Selon lui, "cela va générer des dépenses de plus, enlever de l’esprit de nos concitoyens toute idée de coût, mais qui paye en réalité? Ce sont les générations futures, parce que tout ça est financé par la dette! Le tiers payant, c’est l’irresponsabilité généralisée. A force d’endormir les Français en leur disant que tout peut être gratuit (...) nous nous préparons à des lendemains d’une extrême difficulté".

Y.D.