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Compte pénibilité: "Pas besoin de déposer un brevet pour ce système, personne n'ira nous le piquer"

François Asselin, invité de BFM Business.

François Asselin, invité de BFM Business. - BFM Business

François Asselin, le président de la CGPME, était l'invité de BFM Business. Il est revenu sur le compte pénibilité et la retenue à la source. Deux réformes dont il va parler ce mercredi avec la ministre du Travail.

La ministre du Travail reçoit, ce mercredi, la CGPME, la CFTC et la CFDT, puis l'Unsa jeudi, pour parler de l'ensemble des dossiers en cours. Et il y a du travail! François Asselin, le président de la CGPME qui était l'invité de BFM Business, veut notamment discuter avec elle du compte pénibilité. Un système "ubuesque", selon lui.

"À partir du 1er janvier de l'année prochaine, il va falloir commencer à le mettre en place dans les entreprises et on a toute l'année 2017 pour comptabiliser les points pénibilité de nos salariés. Mais techniquement, les décrets d'application pour certaines entreprises sont inapplicables", explique François Asselin. Pour le président de la CGPME, le compte pénibilité va juste "rajouter une couche de problèmes sur les épaules des entreprises". À tel point que, d'après lui, "pas besoin de déposer un brevet pour ce système, personne n'ira nous le piquer. C'est comme les 35 heures".

La retenue à la source, "un enfer"

Par ailleurs, François Asselin voudrait aborder avec Myriam El Khomri une autre mesure. Celle de la retenue à la source. "Ça va être un enfer" dit-il. Il s'explique: "Contrats très courts, salariés multi-employeurs, parcours individuels différents… L'entreprise va devoir mettre en place une complexité administrative supplémentaire". Si les grands groupes pourront y faire face, le chef d'entreprise d'une PME se retrouvera "noyé sous les contraintes".

Le président de la CGPME donne même un exemple: "La feuille de paie du salarié va être différente. Vous aurez le salaire net et le salaire qui sera versé aux salariés, qui ne sera pas le même. Si le salarié voit un différentiel, qui va-t-il aller voir? Son inspecteur du fisc, je ne pense pas. Il ira voir son patron en premier. Et ce n'est pas notre boulot de lever l'impôt pour nos salariés".

Une réforme qui l'énerve d'autant plus qu'à son sens, elle ne servira à rien. "Quand on a un taux de recouvrement qui est l'un des meilleurs d'Europe, sinon le meilleur, pourquoi mettre en place un nouveau système où l'administration dit elle-même 'on ne fera pas mieux'. À quoi tout cela sert? Sinon enquiquiner ceux qui auront la lourde tâche de lever cet impôt: les entreprises et les chefs d'entreprises".