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Ces concessions de l'Assurance maladie accordées aux dentistes

La Sécu s'achemine vers la signature d'une nouvelle convention avec  les syndicats de dentistes. (image d'illustration)

La Sécu s'achemine vers la signature d'une nouvelle convention avec les syndicats de dentistes. (image d'illustration) - Alain Jocard - AFP

En vue de signer rapidement une nouvelle convention avec les dentistes, l'Assurance maladie a notamment revu à la baisse sa proposition de plafonnement des tarifs des prothèses.

Deux journées de négociations ont rapproché la Sécu d'un accord avec deux des trois syndicats de dentistes. "On a les grandes lignes de ce qui pourrait être le texte de la prochaine convention", estime Catherine Mojaïsky, présidente de la CNSD, ajoutant toutefois qu'il "manque encore certains points". "Ca avance plutôt pas trop mal", affirme son homologue de l'Union dentaire, Philippe Denoyelle. Selon lui, "au moins 80% des cabinets vont y trouver leur compte".

L'Assurance maladie a revu à la baisse sa proposition de plafonnement des tarifs des prothèses. Selon un document dont l'AFP a obtenu copie, le manque à gagner pour les dentistes sera de 448 millions d'euros, contre 562 millions dans la première mouture dévoilée en février.

Dans cette nouvelle version, près de la moitié (46%) des prothèses resteraient intégralement remboursées, dans le cadre du "reste à charge zéro" promis par Emmanuel Macron. Le changement concerne les actes bénéficiant d'un "reste à charge modéré", dont la proportion est réduite (de 41% à 25%) au profit de ceux à "tarifs libres" (de 13% à 29%).

Revalorisations des soins conservateurs et nouveaux actes

En contrepartie de ces nouveaux plafonds tarifaires, l'Assurance maladie promet des revalorisations pour les soins "conservateurs" et la création de nouveaux actes, à hauteur de 652 millions d'euros.

Le gain net pour les dentistes serait donc de 204 millions sur la période 2019-2023. Mais les tarifs plafonnés pourront évoluer chaque année en fonction "des charges les plus liées à l'activité dentaire". Une "clause de revoyure" est aussi prévue si la part des actes à "reste à charge zéro" s'éloigne trop de l'objectif fixé.

"Il va y avoir un effet d'aubaine", prédit Patrick Solera, président du syndicat FSDL, qui considère que le projet de convention va provoquer "une descente aux enfers vers la dentisterie low-cost".

A.M. avec AFP