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Budget: Sapin fustige les colporteurs de rumeurs à Bruxelles

Michel Sapin assure que le dialogue avec Bruxelles est "constructif"

Michel Sapin assure que le dialogue avec Bruxelles est "constructif" - Bertrand Guay - AFP

Le ministre des Finances a pesté, ce jeudi 20 novembre, contre les personnes relayant les rumeurs comme quoi la Commission européenne va sanctionner la France. Il les qualifie de "pervenches" munies de "carnets à souche".

Visiblement, Michel Sapin est fatigué des bruits de couloirs liés à la Commission européenne et au Budget français.

Le ministre des Finances a été interrogé ce jeudi 20 novembre sur les rumeurs persistantes rapportant que Bruxelles va infliger des sanctions financières en raison de ses déficits budgétaires. 

Sans cacher son agacement, le ministre des Finances a qualifié de "pervenches" équipées de "carnets à souche" les personnes qui font, selon lui, circuler ces spéculations à Bruxelles.

Un dialogue "positif et constructif" avec Bruxelles

Le terme "pervenche" désigne en langage familier les agents chargés de verbaliser les véhicules enfreignant les règles de stationnement.

Michel Sapin a assuré que le dialogue avec la Commission européenne était "positif et constructif".

La Commission doit rendre lundi prochain son avis sur les budgets des Etats européens. La France n'atteindra pas l'an prochain, comme elle s'y était engagée, le seuil limite de 3% du Produit intérieur brut pour son déficit public, et a repoussé à 2017 cet objectif.

Remettre "le cadre d'équerre"

Reste à savoir comment la Commission va réagir à ce nouveau délai de fait. "Même si la France prévoyait 35 milliards d'euros de mesures en plus, elle ne serait pas à 3% en 2015. Donc on ne va pas vivre jusqu'au printemps dans un univers où on croit que la France va faire 3%. Ce n'est jamais bon de vivre 6 mois dans le déni", indiquait récemment à l'AFP une source européenne.

"Il faut remettre le cadre d'équerre et on peut décider dès maintenant de fixer de nouveaux objectifs. Une fois qu'on définit de nouveaux objectifs, on peut aussi demander de nouveaux efforts pour y arriver", ajoutait cette même source.

De nouveaux efforts à Paris

Bruxelles pourrait toutefois demander de nouveaux efforts à Paris, selon les Echos. La Commission européenne pourrait notamment appeler Paris à prendre de nouvelles mesures pour réduire son déficit structurel, c'est à dire le déficit hors éléments liés à la conjoncture, pour les années 2016 et 2017.

Problème: l'exécutif français a plusieurs fois fait savoir qu'il n'était pas question d'aller plus loin que les 50 milliards d'euros d'économies prévus d'ici à 2017.

En octobre, Michel Sapin avait trouvé 3,6 milliards d'euros supplémentaires dans le Budget 2015 pour réduire le déficit, l'an prochain. Mais aucune nouvelle mesure d'économies n'a été inscrite. Cet effort doit être atteint grâce à une lutte renforcée contre la fraude fiscale et à de nouvelles taxes frappant notamment le secteur financier. 

J.M. avec AFP