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Budget 2018: ce qui va changer pour les particuliers

Le gouvernement a dévoilé ce mardi son projet de loi de finances pour 2018. Entre baisses d'impôts et hausses de taxes, voici ce qui va changer pour vous.

> Baisse de la taxe d’habitation

En novembre 2018, 80% des contribuables français verront leur taxe d’habitation baisser d’un tiers. La mesure concernera les célibataires dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 27.000 euros par an. Pour les couples, la limite est fixée à 43.000 euros, voire 49.000 euros pour un couple avec enfant.

> Augmentation du prix du diesel

Afin de l’aligner sur la fiscalité de l’essence, le diesel va subir une forte hausse de sa fiscalité. Les taxes vont augmenter de 10%. Le prix au litre augmentera d'un peu moins de 8 centimes.

> Hausse des prix du tabac

Le paquet de cigarettes coûtera 1 euro de plus dès mars prochain. Au total, six hausses consécutives seront appliquées, pour atteindre 10 euros en 2020.

> Forte baisse des aides au logement

Afin de financer certaines baisses d’impôts, le gouvernement a effectué des coupes dans les aides au logement. Le tout à hauteur de 1,7 milliard d’euros, selon le Haut conseil des finances publiques (HCFP). Mais pour les APL, le gouvernement s'est engagé à ne pas pénaliser directement ceux qui en bénéficient. Les baisses des APL prévus pour les locataires en HLM seront à la charge des propriétaires de logement sociaux qui ne pourront pas augmenter les loyers.

> "Flat tax" sur l’assurance-vie

Un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% s'appliquera à tous les revenus financiers (hormis les intérêts générés par un livret A ou un LDD). Les contribuables pourront continuer à intégrer ces revenus financiers dans leur déclaration d'impôts sur le revenu, s'ils estiment que c'est fiscalement plus intéressant pour eux. 

Sur l'assurance-vie, l'imposition forfaitaire de 30% ne s'appliquera qu'à ceux qui détiennent plus de 150.000 euros, tous contrats confondus, pour une personne seule et 300.000 euros pour un couple. La règle vaudra quelle que soit la durée de détention du contrat. Cette mesure s'appliquera dès mercredi.

> Hausse du minimum vieillesse et de l'AAH

Le minimum vieillesse, versé aux retraités les plus modestes, sera revalorisé de 30 euros en avril 2018. L'Allocation adulte handicapé, de son côté, sera augmentée de 50 euros en novembre.

> Plus d’aides à l’emploi à domicile

Le gouvernement va dépenser 1 milliard d’euros de plus pour étendre la réduction fiscale en cas d'emploi à domicile, notamment pour en faire bénéficier ceux qui ne paient pas d’impôts sur le revenu. Celle-ci sera ainsi transformée en crédit d'impôt. En outre, l’allocation versée pour la garde d'enfant pour les familles monoparentales et modestes va augmenter de 30%.

> Baisse des cotisations sociales et hausse de CSG

Le gouvernement a acté une hausse de la CSG sur l'ensemble des revenus de 1,7 point le 1er janvier prochain.

Pour les salariés, il est prévu en parallèle de supprimer en deux temps les cotisations sociales salariales, soit 3,15% du salaire brut. Une première baisse de 2 points aura lieu en janvier, une autre d'un peu plus de 1 point en octobre. Au final, les salariés auront ainsi un gain net de 1,45% de salaire brut. Un smicard percevra 257 euros de plus par an. Un salarié qui gagne 5000 euros bruts par mois sur 13 mois, gagnera lui 942 euros de plus par an.

Les travailleurs indépendants bénéficieront de baisses de cotisations qui, a minima, compenseront la hausse de CSG et, pour 75% d'entre eux, "se traduira par un gain de pouvoir d'achat".

Les fonctionnaires eux auront une compensation sans pouvoir d'achat via la suppression de la contribution exceptionnelle de solidarité.

Enfin, pour 60% des retraités, la hausse de CSG se traduira par une baisse de pouvoir d'achat. Une ponction qui va toucher tous ceux dont la pension est supérieure à 1289 euros par mois (1394 euros pour ceux qui bénéficient de l'abattement supplémentaire pour les plus de 65 ans).

> Réforme de l'ISF

L'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) sera remplacé par un impôt sur la fortune immobilière, centré comme son nom l'indique sur le patrimoine immobilier. Le dispositif rapportera 850 millions d'euros par an à l'État, contre 4,1 milliards d'euros pour l'ISF.

Yann Duvert