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Baisse des charges: une bonne affaire pour les entreprises et pour l'Etat !

Pour les finances publiques, remplacer les 20 milliards du CICE pour 30 milliards de baisses de charges serait équivalent.

Pour les finances publiques, remplacer les 20 milliards du CICE pour 30 milliards de baisses de charges serait équivalent. - -

L'exécutif songe à remplacer les 20 milliards d'euros du crédit d'impôt compétitivité pour l'emploi par une baisse des charges de 30 milliards. Une opération qui s'avèrerait au bout du compte neutre pour l'Etat qui récupèrerait alors plus d'impôt sur les sociétés.

C’est un petit miracle comptable, mais le gouvernement ne perdra pas d’argent au terme d’un jeu de passe-passe qui n'a rien à envier au bonneteau des forains. S’il remplaçait le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) par des baisses de charges, il pourrait même en gagner un peu.

L’explication se trouve dans le bilan des entreprises : une baisse de charges, c'est à dire une baisse mécanique du coût du travail, améliore tout aussi mécaniquement le résultat des entreprises. Et sur ce résultat les entreprises paient de l’impôt.

260 euros de différence

En baissant les charges, l'Etat récupère donc automatiquement par l’impôt sur les sociétés (IS) une partie de ce qu’il a donné.

Ce n'est pas le cas avec le CICE, qui est un "crédit d’impôt", c'est à dire un chèque fait par l'Etat à l'entreprise et qui n’a aucun impact sur le résultat de celle-ci.

Voilà pourquoi, au terme de savants calculs, les comptables sont formels: les deux masses sont équivalentes pour les finances publiques : 20 milliards de CICE représentent la même chose que 30 milliards de baisse de charges.

C'est pareil pour l'Etat, mais pas forcément pour les entreprises. Pour un salarié payé à 2 smic, le CICE permet 2.080 euros d’allègements, alors que la suppression des cotisations familles équivaut à seulement 1.820 euros d'allègement une différence de 260 euros dans ce cas précis !

En revanche, l’allègement dans le cas d'une baisse des charges est significatif pour l'entreprise au-delà de 2,5 smic. Quoi qu'il en soit, tout cela permet de relativiser le supposé "cadeau" fait aux entreprises.

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