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4400 nouveaux retraités franciliens privés (provisoirement) de pension

Les nouveaux retraités franciliens sont victimes de retards dans le versement de leur pension.

Les nouveaux retraités franciliens sont victimes de retards dans le versement de leur pension. - Patrick Kovarik - AFP

De nombreux retards de versement des pensions ont touché les nouveaux retraités d'Île-de-France, a reconnu jeudi le ministère des Solidarités. La CGT, elle, dénonce un manque de moyens.

Plus de 4.000 nouveaux retraités sont touchés par des retards de versement de leur pension en Ile-de-France, selon des chiffres communiqués jeudi par le ministère des Solidarités.

La Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) d'Ile de France "accuse un retard d'à peu près 4.400 dossiers au 31 juillet" a indiqué le ministère à l'AFP. "Pour le mois de juin payable début juillet, c'est 11,7% des droits qui n'ont pas pu être payés à l'échéance".

L'essentiel de ces dossiers sont "régularisés le mois suivant sauf" en l'absence de pièces justificatives ou lorsqu'ils ont "été déposés moins de trois mois avant le départ en retraite", précise le ministère.

Mercredi, la CGT s'était inquiétée dans L'Humanité de l'accumulation des retards en Ile-de-France, faisant état de 20.000 dossiers "en attente de contrôle". Contesté par la direction de la Cnav, ce chiffre comprend à la fois les dossiers avec des retards de paiement avérés ou des risques de retard, explique à l'AFP Alexandre Tétard, délégué CGT.

Les délais de traitement des dossiers se dégradent

D'après le ministère, le délai moyen de traitement des dossiers, d'ordinaire de 90 jours, s'est dégradé ces derniers mois : de 107 jours en avril à 113 en juillet, avec un pic à 115 en mai.

En cause, selon la Cnav, une meilleure anticipation des usagers pour leurs départs en retraite mais aussi une "inquiétude vis-à-vis des réformes" prévues, notamment en période électorale.

Des explications qui ne tiennent pas, selon Alexandre Tétard. "Tous les trois - quatre ans, on a une réduction d'à peu près 10% de nos effectifs", dénonce-t-il, pointant un "problème de moyens", tout comme l'Unsa.

Le ministère souligne de son côté les "mesures prises": recours à "l'entraide entre les caisses régionales", embauches de CDD ou encore liquidations provisoires (versement d'une pension sans calcul des droits dans le détail, dans l'attente d'un réajustement ultérieur) pour les personnes en détresse financière.

Un droit opposable à la retraite est en vigueur depuis septembre 2015 : les retraités peuvent bénéficier d'un versement garanti le mois suivant leur départ s'ils ont déposé un dossier complet au moins quatre mois avant. Une mesure prise à la suite des lourds retards observés pour plusieurs milliers de nouveaux retraités de Nord-Picardie et du Languedoc-Roussillon en 2014.

Y.D. avec AFP