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Fillon veut durcir les pénalités pour favoriser la parité

Lors de la conclusion des Etats généraux de la femme, à Paris, François Fillon s'est prononcé pour l'instauration de pénalités "insupportables" pour les partis politiques qui ne respectent pas la parité, afin que les Françaises soient mieux représentées d

Lors de la conclusion des Etats généraux de la femme, à Paris, François Fillon s'est prononcé pour l'instauration de pénalités "insupportables" pour les partis politiques qui ne respectent pas la parité, afin que les Françaises soient mieux représentées d - -

PARIS - François Fillon s'est prononcé vendredi pour l'instauration de pénalités "insupportables" pour les partis politiques qui ne respectent...

PARIS (Reuters) - François Fillon s'est prononcé vendredi pour l'instauration de pénalités "insupportables" pour les partis politiques qui ne respectent pas la parité, afin que les Françaises soient mieux représentées dans la vie publique.

Hostile au scrutin proportionnel, le Premier ministre s'est en revanche dit "favorable à un renforcement très dur des pénalités financières pour les partis politiques qui ne respectent pas la parité".

"Il suffit de mettre en place des dispositifs financiers qui soient insupportables. On préfère payer quand c'est encore possible de le supporter. Lorsque cela ne le sera plus, je suis convaincu que c'est l'ensemble des partis politiques qui progresseront dans ce domaine", a-t-il déclaré lors de la conclusion des Etats généraux de la femme, à Paris.

"C'est au sein des partis politiques que ce combat doit être conduit", a insisté le Premier ministre, qui a apporté son soutien à une proposition de loi en ce sens préparée par la députée UMP Chantal Brunel.

Avec 15% d'élues au Parlement, la France se situe à la 18e place sur 27 dans l'Union européenne.

Deux femmes ont été élues présidente de région en mars, dont la socialiste Ségolène Royal, qui avait accédé en 2007 au second tour de l'élection présidentielle - une première en France.

Selon François Fillon, la réforme des collectivités territoriales engendrera "30.000 à 40.000 conseillères municipales de plus à partir de 2014".

L'académicienne Simone Veil, présidente d'honneur des Etats généraux, a jugé elle aussi "indispensable qu'il y ait davantage de femmes politiques, ne serait-ce que pour prendre en compte ce qui les différencie des hommes".

"LES HOMMES ET LES FEMMES SONT DIFFÉRENTS"

L'ancienne ministre à l'origine de la légalisation de l'avortement en France s'est dite "absolument convaincue que les femmes et les hommes sont très différents".

Un constat également fait par François Fillon, à la tête d'une équipe qui compte 13 femmes - dont les ministres de l'Economie, de la Justice et de la Santé - sur 39.

"Les hommes et les femmes sont différents - je le sens dans la conduite du gouvernement -, cette complémentarité des sensibilités est un atout pour notre démocratie", a-t-il dit.

Menés pendant six mois sous l'égide du magazine Elle, qui avait organisé un premier débat de ce genre en 1970, les Etats gnéraux de la femme ont débouché sur un Livre blanc remis vendredi au Premier ministre.

Parmi les 24 propositions figurent l'égalité de rémunération effective entre hommes et femmes, l'instauration d'un ministère - et non un secrétariat d'Etat - des Droits de la femme, l'enseignement de l'histoire des femmes à l'école, de même que les relations entre les sexes, en plus de l'éducation sexuelle.

"En France le combat pour les droits est en partie gagné mais il reste le combat pour les faits et le constat dans les faits", a reconnu François Fillon.

Selon un sondage Ifop, 75% des femmes trouvent que leur situation est moins favorable que celle des hommes.

Parmi les avancées de son gouvernement, le Premier ministre a mis en avant la proposition de loi qui prévoit 40% de femmes aux conseils d'administration des grandes entreprises, qui doit encore être examinée au Sénat - le Livre Blanc réclame 50% - et l'engagement du gouvernement de créer 200.000 places en crèche - le Livre blanc en demande 500.000.

François Fillon a aussi défendu le choix de légiférer contre le port de la burqa "de façon large, claire et progressive", proposant notamment un délai de six mois avant que les sanctions s'appliquent.

Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet