BFM Business

En cas de Brexit, l'UE "vacillerait dans la mauvaise direction"

Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a affirmé que les négociations avec l'UE se poursuivraient jusqu'à la dernière minute.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a affirmé que les négociations avec l'UE se poursuivraient jusqu'à la dernière minute. - Emmanuel Dunand - AFP

Sans le Royaume-Uni, le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond craint un possible "effet de contagion" aux pays restés dans l'Union européenne

Les négociations pour finaliser un accord de l'Union européenne avec Londres, censé éviter un Brexit, entrent dans la dernière ligne droite. Le président du Conseil européen Donald Tusk doit se rendre lundi et mardi dans plusieurs capitales clés afin de boucler le projet d'accord qu'il soumettra aux chefs d'Etat et de gouvernement lors du sommet à Bruxelles jeudi et vendredi. Il paraît peu probable qu'il parvienne à un compromis.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a affirmé, ce 14 février dans l'émission politique dominicale d'Andrew Marr sur la BBC, que les négociations poursuivraient jusqu'à la dernière minute, certaines décisions "ne pouvant être prises que par les chefs d'Etat et de gouvernement assis ensemble dans une pièce" à Bruxelles.

"Je crains que sans le Royaume-Uni, l'Europe vacillerait vraiment dans la mauvaise direction", a-t-il indiqué. "Il y a une véritable crainte en Europe qu'en cas de sortie du Royaume-Uni, un effet de contagion se répandrait", a mis en garde Philip Hammond. Jugeant que nombre des citoyens des pays européens restés dans l'UE se demanderaient "si les Britanniques peuvent le faire, pourquoi pas nous?", Philip Hammond a estimé que ces pays "n'auraient pas intérêt à démontrer que nous pouvons réussir hors de l'UE".

Les prestations sociales limitées à 4 ans

"Nos partenaires européens comprennent que nous avons besoin d'un accord solide", a-t-il dit, affirmant que "des progrès" étaient encore à faire et qu'"il n'y avait pas encore d'accord". Il a cependant reconnu que le Royaume-Uni pourrait "avoir un peu moins qu'espéré" dans certains domaines.

Mais le projet d'accord mis sur la table par le président du Conseil européen Donald Tusk contient, selon lui, "une avancée majeure" en "reconnaissant qu'il peut y avoir une période de quatre ans pendant laquelle les gens peuvent être traités différemment". Le Premier ministre britannique David Cameron veut limiter pendant quatre ans les prestations sociales pour les travailleurs d'autres pays de l'UE employés en Grande-Bretagne. La suppression des aides concernerait en particulier le million de travailleurs polonais vivant en Grande-Bretagne.

Les Britanniques craignent un mauvais accord

"Si nous pouvons obtenir un bon accord, il y aura accord, si nous ne pouvons pas, nous continuerons de discuter", a-t-il dit, précisant que le Royaume-Uni ne pousserait pas pour un changement des traités qui retarderait la tenue du référendum. Celui-ci, promis par David Cameron avant la fin 2017, pourrait avoir lieu dès juin.

Un sondage de ComRes pour l'Independent on Sunday, effectué entre le 10 et 12 février auprès de 2.018 Britanniques, montre que 58% des sondés s'attendent à ce que David Cameron obtienne "un mauvais accord" à Bruxelles contre 21% escomptant "un bon accord".

C.C. avec AFP