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En Allemagne, avoir un second emploi devient banal

Le recours à un second emploi a doublé en dix ans, en Allemagne.

Le recours à un second emploi a doublé en dix ans, en Allemagne. - -

Le recours à une seconde activité se multiplie en Allemagne, notamment chez les femmes, qui sont très souvent à temps partiel et complète ainsi leur revenu. La restauration et la vente emploie en grande partie ces extras.

Fin 2012, 2,66 millions d’Allemands avaient un second emploi, selon les chiffres de l’Agence allemande pour l’emploi, révélés par la députée d’extrême-gauche Sabine Zimmermann.

C’est ainsi plus de 9% des 29 millions de salariés allemands qui cumulent au moins deux emplois. En dix ans, ce chiffre a plus que doublé, ils n’étaient de 4,3% en 2003.

La restauration et la vente sont les deux principaux secteurs pour le second emploi des Allemands. Les horaires décalés le soir et les week-ends, et le besoin de flexibilité dans ces domaines encouragent les employeurs à recourir à des extras.

Une situation qui touche surtout les femmes

La plupart de ces activités complémentaires sont réalisées sous le statut des "minijobs". Ces contrats, payés au maximum 450 euros par mois, sont exonérés de charges pour les salariés, qui ne cotisent ni pour leur retraite ni pour l’assurance maladie.

Les femmes sont les principales concernées par ce second emploi, car elles occupent le plus souvent un temps partiels. Elles sont ainsi 57% à occuper un minijob en plus de leur emploi. Fin 2012, l’Allemagne comptait 7,5 millions de personnes employées selon le système des minijobs, soient deux millions de plus que lors de leur création en 2003.

Selon Sabine Zimmermann, cette deuxième activité est motivée "par une détresse financière", les Allemands ayant de plus en plus de mal à boucler leur fin de mois. Les données de l’Agence pour l’emploi, elles, ne permettent pas de connaître les motivations de ces salariés.

Audrey Dufour