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Emploi : après les voeux du président, le rendez-vous de Jean-Marc Ayrault

Le chef de l'Etat va rappeler la priorité de la lutte contre le chômage

Le chef de l'Etat va rappeler la priorité de la lutte contre le chômage - -

Lors de ses voeux de fin d'année, le chef de l'Etat va réaffirmer la priorité de la lutte contre le chômage. Mais dès janvier, le gouvernement s'apprête à légiférer pour taxer plus lourdement les contrats courts malgré l'hostilité du patronat.

Comme François Mitterrand pour ses premiers voeux de président de la République en 1981, François Hollande va placer la lutte contre le chômage au centre de son discours, ce 31 décembre 2012 à 20 heures.

Comme il l'a réaffirmé, le 21 décembre dernier lors d'une visite matinale à Rungis, le chef de l'Etat va à nouveau tenter de faire croire qu'il est possible d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de 2013. Et ce, malgré 19 mois de hausse continue du nombre de demandeurs d'emploi. Ceux-ci sont désormais 3,13 millions.

Pour ce faire, il va rappeler la mise en place dès le début de l'année des emplois d'avenir et des contrats de génération. Il va aussi insister sur les décisions prises par son gouvernement pour relancer la compétitivité des entreprises avec l'entrée en vigueur du Crédit d'impôt (Cice) à compter du 1er janvier pour les PME.

Vote d'une loi fin janvier

Mais en matière d'emploi, le vrai rendez-vous n'est pas tant le discours présidentiel que le projet de loi sur la réforme du marché du travail qui sera déposé fin janvier par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Même si les partenaires sociaux doivent reprendre la négociation le 10 janvier prochain pour tenter de déboucher sur un "accord historique" selon l'expression de François Hollande, l'Exécutif ne se fait plus d'illusion sur la possibilité d'obtenir cet accord.

La CGT et FO refuseront de signer un texte accordant davantage de flexibilité aux entreprises en cas de difficultés économiques. Bernard Thibault, le leader de la CGT, l'a d'ailleurs affirmé, le 28 décembre, sur BFMTV : "cela fait 25 ans qu'on accorde plus de flexibilité (..) Les licenciements d'ajourd'hui ne font pas les emplois de demain", a-t-il lancé en référence au souhait du Medef d'obtenir des aménagements au droit du travail. "Dans les jours qui viennent, nous allons être mobilisés contre un accord", a-t-il prévenu.

Même son de cloche du côté de FO. Ce mardi matin 31 décembre, son leader, Jean-Claude Mailly, a affirmé sur RFI : "je sens bien que du côté gouvernemental, ils aimeraient bien que les syndicats acceptent de la flexibilité pour qu'ils puissent la reprendre dans la loi sans qu'ils en soient responsables".

En face, le patronat fait de la taxation accrue des contrats de travail courts (CDD) souhaitée par le gouvernement un casus belli.

Contreparties au Cice

Face à ce blocage, Jean-Marc Ayrault va donc intégrer la taxation des contrats courts dans le projet de loi qui sera examiné en priorité dans les prochaines semaines au parlement.

Mais, sous la pression des élus socialistes, ce texte devrait également prévoir des "contreparties" au crédit d'impôt compétitivité (Cice). La base PS n'a toujours pas accepté les 20 milliards d'euros d'allégement de charges au profit des entreprises. Du coup, le gouvernement travaille sur un mécanisme de contrôle de l'utilisation du Cice, impliquant les représentants du personnel. Quitte à s'attirer les foudres du Medef qui ne veut pas en entendre parler.

Une façon également pour Jean-Marc Ayrault de montrer à son électorat qu'il maintient la barre à gauche, surtout après le camouflet infligé par le Conseil constitutionnel en rejetant, le 29 décembre, la taxe à 75% sur les très hauts revenus, l'une des grandes promesses présidentielles.

Patrick Coquidé