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Emmanuel Macron : « Ni tournant, ni changement de cap »

Emmanuel Macron a assuré, ce mardi soir, à l'Élysée, maintenir le cap des réformes qu'il a tracé.

Emmanuel Macron a assuré, ce mardi soir, à l'Élysée, maintenir le cap des réformes qu'il a tracé. - BFMTV

Lors d'une allocution à l'Élysée, ce mardi soir, le chef de l'État a expliqué que le remaniement ministériel annoncé quelques heures plus tôt ne remettait pas en cause la trajectoire de son action, bien au contraire.

« Il n'y a aujourd'hui, ni tournant, ni changement de cap ou de politique. » Rapidement, ce mardi soir, à l’Élysée, le Président de la République a insisté sur le maintien de la trajectoire. Le remaniement ne l’infléchit en rien, au contraire, a assuré Emmanuel Macron, il y a « une volonté d'action qui n'a rien perdu de son intensité et cette volonté est aujourd'hui plus forte encore ». Après avoir reconnu que sa « détermination et son parler-vrai » avaient pu « déranger ou choquer certains », il a déroulé sa feuille de route pour les mois à venir avec deux grands chantiers : la réforme de l’État et de la fonction publique – il a notamment cité la police - et la réforme des retraites, « pour que les règles soient les mêmes pour tous les Français ».

Le socle de sa politique ne bouge pas, les ministres en charge des réformes économiques et sociales restent à leur place. Réforme de la formation professionnelle, dédoublements de classes dans les quartiers sensibles, fiscalité qui encourage le travail, l'investissement et l'innovation… tous ces chantiers, aussi, restent prioritaires. Le chef de l'État veut bien revoir certains aspects de sa gouvernance ou de sa communication, en revanche, pas question de revenir sur le calendrier et le contenu de ces réformes.

Tentative de réconciliation avec les élus locaux

Ce mardi soir aussi, Emmanuel Macron a envoyé un message aux élus locaux, en particulier aux maires, pour tenter d’apaiser les tensions. Ils ne digèrent toujours pas la suppression progressive de la taxe d’habitation, qui représente 30% de leurs ressources. Et même si l’État leur garantit une compensation à l’euro près, ils perdent la main sur un impôt local auquel ils sont très attachés. La tension est montée d’un cran ces derniers jours quand le gouvernement a publié la liste des communes qui ont décidé d’augmenter le taux de la taxe d’habitation…

Lors de son allocution, le Président de la République a déclaré avoir besoin « de toutes les forces du progrès et de la réforme, les associations, les élus locaux dans tous nos territoires et en particulier nos maires", qui, a-t-il poursuivi, « sont les premiers porteurs de la République du quotidien. » De fait, le nouveau grand ministère dédié à la cohésion du territoire et aux collectivités est un signal fort envoyé aux élus locaux. À sa tête, Jacqueline Gourault va tenter de faire retomber la pression.

Les départements, aussi, sont en colère : ils doivent supporter un coût de plus en plus important des aides sociales et ils s’apprêtent à perdre les recettes de la taxe sur le foncier bâti… Enfin, Emmanuel Macron a lancé un contrat entre l’État et les 322 collectivités locales les plus riches, afin qu’elles s’engagent à limiter leurs dépenses, mais beaucoup d’élus concernés dénoncent un cadre trop contraignant.

Jacqueline Gourault a du pain sur la planche 

Les sujets de contestation ne manquent pas : les régions perdent la main sur la formation professionnelle, les emplois aidés baissent, la vitesse sur les routes secondaires est limitée à 80 km/h… Pour les collectivités, la coupe est pleine et ils l’ont fait savoir le 26 septembre dernier avec « l’appel de Marseille », pour plus de décentralisation, qui a été lancé par les principales associations d’élus locaux.

Jacqueline Gourault a donc du pain sur la planche, mais elle a une bonne réputation auprès des collectivités : « Sa nomination est un très bon signal », nous dit un élu, qui est actuellement en plein bras de fer avec l’exécutif. Le premier test, à court terme, ce sera le 20 novembre, avec le traditionnel Congrès des Maires. L’année dernière, Emmanuel Macron s’y était rendu et avait promis de revenir chaque année.

L'autre échéance très importante, ce sera dans 4 mois, quand le gouvernement présentera un projet de loi sur les finances locales. Il s’agira alors de définir la nouvelle tuyauterie fiscale après la suppression de la taxe d’habitation. Avec le nouveau ministère, les élus espèrent être plus associés à ces réformes à venir. Le Président de la République, en tous cas, semble avoir conscience qu’il ne réussira pas les réformes promises s’il ne bénéficie pas de relais sur le territoire français.

La RÉDACTION