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El Khomri: "On arrête de passer du temps sur le diagnostic, on va traiter les problèmes"

Myriam El Khomri était l'invitée de BFMTV-RMC ce jeudi 5 novembre. La ministre est notamment revenue sur la refonte du Code du travail.

"On réécrit le Code du travail avec une philosophie nouvelle". Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, est revenue, sur BFMTV-RMC, sur la refonte du Code du travail dévoilée la veille.

"On assume qu'il y ait un besoin de clarification". En effet, avec ses 3.800 pages, le Code du travail est devenu trop complexe. Pour la ministre, "les entreprises doivent pouvoir s'adapter". Myriam El Khomri a voulu que la nouvelle version du Code du travail repose sur trois étages: les droits fondamentaux garantis à tous, auxquels nul ne pourra déroger (Smic, CDI, 35 heures, etc.), le champ ouvert aux négociations et le droit applicable en absence d'accord.

Plus de souplesse pour les entreprises

"On arrête de passer du temps sur le diagnostic, on va traiter les problèmes", affirme-t-elle. L'ancien ministre de la Justice Robert Badinter sera chargé de définir les grands principes. Il a deux mois pour rendre ses travaux. La loi sera votée avant l'été 2016. "Elle sera présentée à l'Assemblée en février-mars 2016", a dit la ministre.

Myriam El Khomri a réaffirmé que la durée légale des 35 heures et le contrat de travail ne seraient pas modifiés. Le renouvellement des CDD est toujours limité à deux fois et non pas trois comme semblait le penser la ministre. À côté de ces fondamentaux, "les entreprises auront plus de souplesse pour mettre en place des dialogues sociaux".

Le nombre de branches professionnelles sera réduit de 700 actuellement à 400 d'ici la fin de l'année et 200 dans deux ou trois ans. "Elles sont trop nombreuses, c'est trop compliqué de s'y retrouver", précise la ministre. Et elle ajoute: "Comme cela, ce sera plus facile pour les négociations collectives".

Les efforts à faire d'Air France

Myriam El Khomri, a jugé que les dirigeants d'Air France devaient "faire des efforts en matière de transparence", pointant leur responsabilité dans la dégradation du climat social au sein de la compagnie. "Le dialogue social ne se fait pas dans les colonnes des journaux, il se fait avec les représentants des salariés", a-t-elle dit sur RMC/BFMTV.

Pour le développer, "il faut créer un climat de confiance, il faut une loyauté, une transparence, il faut objectiver les difficultés", ce qui n'a pas été fait avant et après l'annonce début octobre d'un plan de restructuration menaçant jusqu'à 3.000 emplois, d'après elle.

D. L.