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Édition spéciale: les chantiers à venir du président Emmanuel Macron 

Emmanuel Macron a été élu dimanche 7 mai 2017 président de la République avec 65,5% à 66,1% des voix face à Marine Le Pen (33,9% à 34,5%), selon les estimations des principaux instituts de sondages.

Emmanuel Macron a été élu dimanche 7 mai 2017 président de la République avec 65,5% à 66,1% des voix face à Marine Le Pen (33,9% à 34,5%), selon les estimations des principaux instituts de sondages. - Lionel Bonaventure-AFP

DIRECT VIDÉO - Emmanuel Macron a été élu président de la République. Suivez en direct l'édition spéciale de BFM Business à l'issue de ce second tour de l'élection présidentielle, réunissant experts et commentateurs.

L'élection présidentielle 2017 a donné son verdict: Emmanuel Macron a été largement élu président de la République avec 65,9% des voix selon les premières estimations face à Marine Le Pen (33,9% à 35%). L'abstention était évaluée entre 26% et 27% pour le second tour de l'élection présidentielle, un chiffre plus élevé qu'au premier tour, selon des estimations des instituts de sondage Elabe et Harris Interactive. Au premier tour le 23 avril, l'abstention s'était élevée à 22,23% et elle avait atteint 19,65% au second tour de 2012.

Sur l’antenne de BFM Business, une édition spéciale consacrée aux conséquences de l'élection d'Emmanuel Macron réunit les meilleurs experts politiques et économiques de la chaîne : Emmanuel Lechypre, Jean-Marc Daniel, Mathieu Jolivet, Leonidas Kalogeropoulos PDG de Médiation & Arguments, Alain Garrigou, professeur de science politique à l'université de Paris-Ouest et Jean-Pierre Petit, président des cahiers verts de l'économie.

"Son programme économique nous amène a priori sur les bonnes directions mais un petit peu sur grands paramètres" explique Emmanuel Lechypre qui ajoute: "ce n'est pas un thérapie de choc".

"Le problème clé est la restauration de l'autorité politique"

"Le choix du Premier ministre va être déterminant" soutient Jean-Marc Daniel. "Il y a plusieurs programmes chez Emmanuel Macron mais il va lui falloir définir un programme de législature avec le futur Premier ministre" souligne-t-il.

"Ajuster la directive sur les travailleurs détachés va être un signal important" explique Leonidas Kalogeropoulos, PDG de Médiation & Arguments.

"Le problème essentiel est le restauration de l'autorité politique et montrer qu'on est capable d'insuffler à la société française un souffle d'optimiste" soutient Alain Garrigou, professeur de science politique à l'université de Paris-Ouest.

"Toutes ces réformes n'arrivaient pas à passer faute d'autorité politique. L'autorité politique acquise avec ses 66% va lui permettre de mener ses réformes à bien" soutient Leonidas Kalogeropoulos.

"Emmanuel Macron va être obligé de mener les législatives pour avoir une majorité solide et stable, quelque soit le Premier Ministre qu'il nommera" soutient Stéphane Rozes, politologue.

"Améliorer le rapport qualité-prix de la dépense publique"

"En quinze jours, la décote politique que subissait la France a été en grande partie comblée. Pour les étrangers, le message est excellent car Emmanuel Macron est pro-business et sait faire et mener des deals" commente Alain Pitous, directeur général de Talence Gestion.

"Il va falloir s'assurer que les ordonnances à venir seront à la hauteur de ce qui a été promis. Il faudra aussi, au nouveau pouvoir, qu'il définisse sa gouvernance de la transformation avec un schéma de cohérence sur la durée du quinquennat" souligne Thibault Lanxade, vice-président du Medef.

"Emmanuel Macron a conscience qu'il lui faut reprendre la main sur l'administration française pour réformer le pays" ajoute le responsable de l'organisation patronale.

"Le premier défi de la France c'est améliorer le rapport qualité-prix de sa dépense publique et le deuxième défi c'est la réforme du marché du travail et la formation qui sont les deux lames d'un même ciseau" argumente Emmanuel Lechypre.

"Dans le mois à venir, Emmanuel Macron va saturer l'espace médiatique et devrait cornériser ses adversaires" prédit Alain Pitous de Talence Gestion.

"Le nouveau président devra absolument prendre les mesures les plus importantes le plus vite possible car les deux présidents précédents n'avaient pris la mesure de ce qu'était le quinquennat" conclut Emmanuel Lechypre.

F.Bergé