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Economies et bouts de chandelle

Le gouvernement affirme que les économies sont de 15 milliards d’euros.

Le gouvernement affirme que les économies sont de 15 milliards d’euros. - -

Le gouvernement affirme pouvoir réaliser 15 milliards d’euros d'économie sur les 60 milliards promis à la fin du mandat Hollande. Mais des dépenses fondamentales ne sont pas remises en cause.

Après avoir examiné les recettes, c’est-à-dire les impôts, le parlement vient d’entamer l’examen des dépenses. L’enjeu porte sur les économies. Le gouvernement affirme que celles-ci sont de 15 milliards d’euros, dans la ligne des promesses du président de la République d’en faire 60 milliards d’ici à la fin de son mandat. On peut, à regarder les documents budgétaires, se demander si le compte y est.
En fait, le problème est que le gouvernement grappille des économies mais pour l’instant n’a pas vraiment remis en cause des dépenses fondamentales.

Où en est la dépense publique ?

La France est un des pays au monde où la dépense publique est la plus lourde par rapport à la richesse produite : 56% !
De plus, pour diminuer le déficit, il faut soit augmenter les recettes, c’est-à-dire les impôts, soit réduire les dépenses. On voit bien que tout le monde a désormais conscience qu’augmenter les impôts serait quasiment suicidaire. Il faut donc réduire la dépense. C’est d’ailleurs l’engagement du président de la République pour un montant de 60 milliards.
La tranche de réduction de 2014 doit être de 15 milliards. Mais quand on regarde de plus près on a du mal à s’y retrouver au milieu des astuces de présentation. Le gouvernement affiche un budget qui passe en 2014 de 373 milliards à 380 milliards et dit qu’il est en baisse ! Pour se permettre une telle assertion, il avance d’abord qu’il faut retirer l’enveloppe des investissements d’avenir (11milliards) puis qu’il faut raisonner non pas en chiffre absolu mais par rapport à ce qu’aurait dû être la dépense si on avait continué sur la tendance passée.

Que cachent toutes ces arguties ?

Sur la forme d’abord, le fait que les nouvelles règles européennes imposent une analyse en tendance et non pas en chiffre absolu, ce qui explique et légitime une des approches mises en avant.
Sur le fond surtout, le fait que malgré les appels à une efficacité accrue de l’administration (cela s’appelle désormais la MAP pour "modernisation de l’action publique") rien de fondamental n’ a été jusqu’à présent remis en cause dans l’action de l’Etat.
En outre, une partie de la dépense est réalisée par les collectivités locales et la sécurité sociale et ce sont ces dernières années les deux secteurs dont la dépense a le plus augmenté. Le secteur des collectivités locales devient de plus en plus dépensier. Pour faire pression, la dotation de l’Etat sera réduite en 2014 de 1,5 milliards. Tout cela présage un bras de fer entre l’Etat et les élus locaux qui retardera la vraie réflexion sur le contenu de ces dépenses.

Est-ce que tout cela n'est pas que gesticulation ?

Les réformes à faire sont devant nous et après les 15 milliards de cette année, il faut détailler les 45 milliards suivants. Ce qui est rassurant c’est qu’en 2013, le gouvernement a dû faire face à 3 milliards de dépenses non prévues, notamment pour l’Europe (1,1 milliard) et pour le Mali (600 millions). Et il s’est attaché à faire une économie équivalente pour ne pas augmenter les dépenses : on va dans le bon sens - dans tous les sens de l’expression !

Le titre de l'encadré ici

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Jean-Marc Daniel