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Droit du travail: "François Hollande a d'emblée torpillé la négociation"

Bruno Le Maire aurait aimé une réforme du droit du travail plus ambitieuse.

Bruno Le Maire aurait aimé une réforme du droit du travail plus ambitieuse. - Pascal Pavani - AFP

Bruno Le Maire, député de l'Eure et probable candidat à la primaire des Républicains, revient sur le rapport Combrexelle. Il déplore le manque de vrai changement.

Bruno Le Maire est d'accord sur un point: il faut modifier le droit du travail. "Je me réjouis que la question de la complexité du Code du travail soit posée, que plusieurs voix appellent à sa simplification", dit-il dans un entretien dans L'Opinion. Mais dans les faits, le bât blesse.

Il estime que François Hollande a "d'emblée torpillé la négociation en excluant les thèmes les plus importants", à savoir les salaires, les 35 heures, le contrat de travail. Selon lui, ce sont pourtant les principaux leviers à l'emploi.

S'il est d'accord sur la primauté des accords d'entreprise sur la loi, il trouve que la représentation syndicale doit être plus légitime. "Je propose de supprimer le monopole de la représentativité syndicale au premier tour des élections professionnelles. Il n’est pas normal qu’un salarié qui veut se présenter soit obligé de constituer un syndicat autonome deux ans avant l’élection".

"Développer l'esprit d'entreprendre"

Pour créer plus d'emplois, Bruno Le Maire estime qu'il faut d'abord changer les états d'esprit. "Développer l’esprit d’entreprendre, considérer l’échec comme un apprentissage et pas comme une sanction...". D'après lui, la vraie exclusion en France, c'est le chômage, "alors mon mot d'ordre est simple: un travail pour tous". 

Mais ce n'est pas tout. Il voudrait également qu'on puisse moduler le temps de travail. Il aimerait même une redéfinition du contrat de travail. Il le martèle: "celui qui travaille doit gagner davantage que celui qui refuse de travailler". Il propose donc de rassembler en une seule allocation sociale unique toutes les aides sociales. De plus, il désire baisser les charges sociales patronales et salariales.

Concernant l'assurance-chômage, Bruno Le Maire veut une réforme en profondeur. "Je suis favorable au plafonnement des allocations les plus élevées, au rétablissement de la dégressivité des indemnités". Mais ce n'est pas sans contrepartie: "tous les efforts doivent être concentrés sur l’accompagnement personnalisé dès les premiers jours, sur la formation, la mobilité des demandeurs d’emplois…" Tout cela n'est possible que si la fiscalité reste stable et attractive.

D. L.