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Doit-on continuer à aider la Grèce ?

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Alors que la Grèce connait aujourd'hui une nouvelle grève générale, des voix s'élèvent pour que les États de l'Union européenne et le FMI cessent leur aide financière. On évoque 50 à 60 milliards supplémentaires. Qu'en pensez-vous ?

Les grévistes grecs manifestent contre le futur plan d'austérité du gouvernement imposé par l'Europe et le FMI, en contrepartie de l'aide financière de 110 milliards d'euros votée l'année dernière. Selon nos informations, la moitié a déjà été versée. Mais, face à la dette colossale de 350 milliards d'euros qu'accuse le pays, cette intervention risque d'être insuffisante. Ainsi, l'Union européenne planche sur une nouvelle rallonge de 50 à 60 milliards d'euros. Voilà qui met en colère certains politiques, en France notamment.

« On refile la dette grecque aux contribuables européens »

En tête des mécontents, le député souverainiste de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan. « Est-ce que vous avez déjà essayé de gonfler une chambre à air qui est pleine de trous ? », questionne-t-il sur RMC. « C'est exactement ce qu'il se passe pour la Grèce. C'est tout simplement le contribuable européen qui est sollicité pour prêter des milliards qui serviront à rembourser les banques. Mais les Grecs ne verront pas un centime de cet argent. La situation est ahurissante, c'est une escroquerie générale. Les banques qui se sont engagées en Grèce sont en train de refiler le bébé, c'est-à-dire la dette grecque, aux contribuables français, allemands... De plus, on demande des efforts aux citoyens grecs eux-mêmes, ça va les plonger dans la récession et ils ne pourront jamais nous rembourser ».

« La Grèce peut être le "Lehman Brothers" de l'Europe »

Une critique partagée par le député communiste de Seine-Saint-Denis, Jean-Pierre Brard. Selon lui, « si on poursuit les aides, ça va être pire. Nous allons à la catastrophe et je pense qu'on peut dire que la Grèce peut être le "Lehman Brothers" de l'Europe. C'est-à-dire le premier élément du puzzle qui peut faire s'effondrer l'ensemble. Il faut arrêter cela, geler les dettes et réunir les banquiers qui se sont enrichis sur notre dos. Nous ne voulons pas payer pour leur compte ».

« On n'a pas vraiment le choix: il faut aider, pour éviter la contagion »

L'économiste Benjamin Carton n'est pourtant pas de cet avis. « On n'a pas vraiment le choix », dit-il. « Il faut aider la Grèce d'une manière ou d'une autre, sans quoi elle ne pourra pas rembourser ses dettes, et ça pourra conduire à un effet de contagion très forte sur d'autres pays de la zone euro qui sont aussi en difficulté. Aujourd'hui, la Grèce ne peut plus emprunter auprès des banques pour financer son déficit budgétaire car elle dépense plus que ce que les impôts lui rapportent. C'est en ça qu'il faut l'aider. Mais c'est vrai que c'est un peu un puits sans fond. Le plan de rigueur imposé aux ménages est un frein à la croissance. Tout le monde espère donc que d'autres moteurs économiques permettront de la relancer, comme par exemple une reprise des exportations ».

La Rédaction et N. Marsan