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Dette et déficit publics: les bons chiffres de 2019 avant le grand plongeon

Le ministère de l'Économie et des Finances de Bercy

Le ministère de l'Économie et des Finances de Bercy - AFP

Le gouvernement a tenu ses objectifs et a même fait un peu mieux que prévu. Mais la crise liée au coronavirus va faire exploser cette tendance.

En temps normal, le gouvernement aurait pu se réjouir des chiffres 2019 du déficit et de la dette de l'Etat. Car selon les dernières données de l'Insee, le gouvernement est dans les clous et fait même un peu mieux que prévu. 

La dette publique en France a atteint 98,1% du produit intérieur brut (PIB) en fin d'année 2019, soit 2.380,1 milliards d'euros, après avoir dépassé les 100% trois mois plus tôt.

Exprimée en pourcentage du PIB, la dette publique est restée stable sur un an, selon l'Institut national de statistique et elle est inférieure à l'objectif du gouvernement qui tablait sur 98,8%.

Le taux de prélèvements obligatoires baisse

Même constat pour le déficit public qui se fixe en fin d'année à 3,0% de la richesse nationale (à 72,8 milliards d'euros), exactement le maximum autorisé par le pacte de stabilité européen. C'est donc mieux que la dernière prévision du gouvernement qui l'attendait encore à 3,1% dans la loi de finance rectificative 2020 publiée ce lundi.

En part de PIB, les recettes passent de 53,4% à 52,6% tandis que le poids des dépenses dans le PIB est quasiment stable (55,7% en 2018 et 55,6% en 2019). 

C'est néanmoins 0,7 point de plus qu'en 2018 (2,7%), le déficit ayant notamment été creusé par la transformation du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) en baisses de charges pérenne.

Autre bonne nouvelle, le taux de prélèvements obligatoires baisse de 0,7 point et s’établit à 44,1% du PIB.

Reste que ces données sont aujourd'hui à oublier. La crise due au coronavirus va profondément détériorer les finances publiques avec une contraction de la croissance (-1% minimum) et un creusement du déficit à 3,9% du PIB (a minima) compte tenu des mesures de soutien aux entreprises et aux salariés, notamment la généralisation du recours au chômage partiel qui va coûter au moins 8 milliards d'euros.

Côté dette, avant la crise le gouvernement comptait la stabiliser en la réduisant de seulement 0,1 point à 98,7%. On sera évidemment bien au-delà.

OC avec AFP