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Déficit public: Bartolone envoie un message avant le Conseil européen

Claude Bartolone a déclaré dimanche que l'objectif des 3% du déficit public en 2013 lui semblait "intenable"

Claude Bartolone a déclaré dimanche que l'objectif des 3% du déficit public en 2013 lui semblait "intenable" - -

Le président de l'Assemblée nationale a estimé, dimanche 23 septembre, que l'objectif de réduction du déficit à 3% était "intenable". Il envoie ainsi un message avant le Conseil européen qui aura lieu en octobre.

L’objectif de réduction du déficit, fixé à 3% du PIB en 2013, est-il tenable? Plus le temps passe, moins les efforts demandés semblent surmontables. Prévisions de croissance revues à la baisse, difficultés pour l’Etat à trouver des recettes supplémentaires…La situation inquiète, jusque sur les bancs de l’Assemblée. Son président, Claude Bartolone, s’est d’ailleurs risqué à lancer dimanche un appel du pied en direction de la Commission européenne. "Je pense que c'est [l’objectif des 3%, NDLR] intenable mais ce n'est pas à la France de le dire", a-t-il déclaré sur Radio J, estimant que l' "on ne peut pas demander le même effort aux pays européens lorsqu'il y a de la croissance et lorsqu'il n'y en a pas".

La réaction de la Commission européenne ne s’est pas faite attendre: "La Commission ne voit pas de raison de changer l'approche actuelle en matière de politique budgétaire en ce qui concerne la France. Nous avons eu des assurances publiques et en bilatéral -encore la semaine dernière- de l'engagement des autorités françaises à respecter le déficit de 3% l'année prochaine", a affirmé ce lundi Olivier Bailly, un porte-parole de l'exécutif européen. Un coup dans l’eau, donc, en apparence.

La majorité derrière Bartolone

A l’Assemblée, les déclarations de Claude Bartolone reçoivent un accueil mitigé. Si les socialistes approuvent la démarche, l’opposition, elle, saute sur l’occasion. Michel Piron, député (UMP) membre de la commission des Affaires européennes, estime que "ce n’est ni le moment, ni la manière" pour ce genre de sortie, susceptible de "donner l’impression que la France ne va pas tenir ses engagements". Même son de cloche chez Lionnel Luca, lui aussi membre (UMP) de ladite commission : "si l’on veut préserver les intérêts de la France, nous devons remplir nos engagements qui sont parfaitement tenables." Avec ce genre de message, "nous prenons le risque de voir les taux d’intérêt grimper".

Au sein de la majorité, par contre, on salue une initiative "qui va dans le bon sens, plutôt que de faire ça [réduire le déficit public, NDLR] dans l’urgence", selon Razzi Hammadi, élu PS de Seine-Saint-Denis. L’écologiste Danielle Auroi, présidente de la Commission des affaires européennes, est du même avis : "les exigences de Bruxelles ne sont pas réalisables. La Commission européenne n’est pas dans son rôle, car c’est au Conseil européen de décider d’un éventuel assouplissement. Il y a un conseil en octobre, avec un ordre du jour susceptible d’être modifié, donc les déclarations de Claude Bartolone sont tout à fait justifiées. C’est un moyen détourné de s’adresser au Conseil."

Yann Duvert