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Déficit: Moscovici nie l'existence d'un "accord secret" entre Paris et Bruxelles

Pierre Moscovici assure que la France ne bénéficie pas de traitement de faveur

Pierre Moscovici assure que la France ne bénéficie pas de traitement de faveur - Emmanuel Dunand - AFP

Le commissaire européen aux Affaires économiques a assuré qu'aucun traitement de faveur n'avait été fait à la France sur la réduction des déficits.

Pierre Moscovici tente de dissiper tout soupçon. Le commissaire européen aux Affaires économiques a assuré vendredi que "la France n'a[vait] jamais passé aucun accord secret avec la Commission européenne" sur la réduction des déficits, ajoutant que les règles européennes étaient les mêmes "pour tous" les États membres.

"Je peux répondre à cette question, car je suis Français, je suis le commissaire responsable des Affaires économiques et financières et j'ai été ministre des Finances de mon pays", a-t-il déclaré à Lisbonne, interrogé par la Commission des Affaires européennes du Parlement portugais.

La France sur la voie de la réduction du déficit

"Si la France a obtenu deux années supplémentaires" pour ramener son déficit public en-dessous de la barre des 3% du PIB, c'est parce qu'"elle est sur la voie de la réduction du déficit", a-t-il fait valoir.

Le commissaire répondait à une question de la députée du Bloc de gauche Isabel Pires, qui accusait Bruxelles de ne pas traiter les États sur un pied d'égalité au sujet de l'application des règles du traité budgétaire.

"Il n'y a eu aucun accord secret entre la Commission et la France, il n'est pas possible de dire cela", a relevé Pierre Moscovici avant d'ajouter qu'"il n'y a[vait] pas deux poids, deux mesures".

La Commission européenne a déjà accordé deux délais de deux ans à la France, l'un en 2013 et l'autre en 2015, pour ramener son déficit public sous le plafond des 3% du PIB, un objectif fixé par les traités européens.

Mercredi, Pierre Moscovici avait appelé à ne pas laisser filer les déficits publics en France en 2018, estimant que ce pays devrait être dans les clous européens en 2017.

Le commissaire s'est rendu vendredi à Lisbonne, où il devait s'entretenir avec le ministre des Finances Mario Centeno, deux jours après la décision de Bruxelles de lever la menace de suspension des fonds structurels pesant sur le Portugal.

J.M. avec AFP