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Déficit: Moody's voit la France rater son objectif en 2014

Moody's met en avant la faible croissance de la demande française

Moody's met en avant la faible croissance de la demande française - Emmanuel Dunand - AFP

L'agence de notation a estimé, ce lundi 18 août, que Paris ne réussira pas à tenir son objectif de déficit pour 2014. Elle a également abaissé à 0,5% sa prévision de croissance pour le pays en 2014.

Moody's se veut porteur de mauvaise nouvelle pour la France. Ce lundi 18 août, l'agence de notation a jugé que Paris ne réussira pas à tenir son objectif de déficit pour 2014, soit 3,8%.

Le ministre des Finances Michel Sapin avait auparavant déjà indiqué, dans un entretien à Libération de ce lundi 18 août, que le déficit public français se situera à environ 4%.

Moody's considère que cet impair pénalisera la note souveraine de la France, laissant ainsi planer le risque d'une nouvelle dégradation.

La croissance révisée à la baisse

Moody's a également revu une nouvelle fois à la baisse sa prévision de croissance pour le pays.

L'agence, qui avait abaissé à 0,6% sa prévision de croissance du produit intérieur brut pour 2014 pas plus tard que lundi dernier, l'a de nouveau modifiée une semaine plus tard en la ramenant à 0,5%.

Pour 2015, Moody's n'attend plus qu'une progression de 0,9%, contre 1,3% auparavant.

Dans une tribune publiée jeudi 14 août par le Monde, le ministre des Finances Michel Sapin a annoncé qu'il révisait sa prévision de croissance à 0,5% pour cette année, contre 1% auparavant, après la publication par l'Insee d'une croissance zéro au deuxième trimestre.

Confronté de plus à une inflation plus faible que prévu, le ministre a prévenu que le déficit public dépasserait 4% du PIB cette année, au lieu des 3,8% espérés. 

 Pas de changement de politique 

 Moody's met en avant la faible croissance de la demande française au deuxième trimestre (0,2%), mais estime surtout que la contraction de 1,1% des dépenses d'investissement est "particulièrement négative pour le potentiel de croissance futur du pays".

 Moody's affirme aussi que la décision du gouvernement de ne pas prendre de nouvelles mesures pour respecter la règle européennes des 3% de déficit va mettre en cause de façon "significative" les mécanismes de surveillance budgétaires européens et la gouvernance européenne.

Le Premier ministre Manuel Valls a déclaré dans le Journal du dimanche qu'il était "hors de question" de changer de politique face à la panne de la croissance, jugeant même "irresponsables" ceux qui appellent à une autre stratégie.

D. L. avec AFP