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De 14 à 28 jours: le congé paternité double pour les futurs pères

Un père portant un masque tient son bébé contre sa poitrine à la maternité des Diaconesses à Paris, le 17 novembre 2020

Un père portant un masque tient son bébé contre sa poitrine à la maternité des Diaconesses à Paris, le 17 novembre 2020 - Martin BUREAU © 2019 AFP

Le nouveau congé paternité - ou du second parent - de 28 jours, dont une semaine obligatoire, entre en vigueur ce jeudi.

Grande nouvelle pour les futurs papas! Le congé paternité - ou du second parent - de 28 jours, dont une semaine obligatoire, entre en vigueur ce jeudi. Une réforme sociétale attendue de longue date qui vise à permettre aux pères de s'investir davantage dans la parentalité et la vie du foyer.

Annoncée en septembre par Emmanuel Macron et votée dans le budget de la Sécu, cette réforme du congé double la durée pour un père - ou le second parent - d'un enfant à naître ou adopté, à 25 jours plus 3 jours de naissance (contre 11 plus 3 actuellement). Dans le cas d'une naissance multiple, sept jours de congés sont ajoutés, soit 32 contre 18 actuellement.

Niveau rémunération: les trois jours du congé de naissance restent à la charge de l'employeur, et les jours restants seront indemnisés par la Sécurité sociale.

"Freins psychologiques"

Actuellement, le congé paternité, optionnel, est pris par environ sept pères sur dix, un chiffre qui a peu évolué depuis son instauration en 2002 et dissimule de fortes inégalités sociales: 80% des salariés en CDI y ont recours, contre moins de 60% en CDD.

"Ce n'est pas qu'une question d'envie des pères, il y a encore de nombreux freins psychologiques notamment vis-à-vis de l'entreprise", explique à l'AFP la psychothérapeute Isabelle Filliozat, vice-présidente de la "Commission des 1.000 premiers jours" qui avait recommandé au gouvernement de porter ce congé à neuf semaines. Selon elle, cette réforme devrait "inciter davantage de pères à le prendre" car "la semaine obligatoire pourra les aider dans leurs négociations avec leur patron".

En retard sur l'Europe

Lorsque la France a créé le congé paternité en 2002, elle était en avance sur la plupart de ses voisins. Mais depuis, de nombreux pays européens ont adopté des dispositifs plus généreux.

Le pays reste encore loin du champion, la Finlande, qui permet un congé parternité de neuf semaines. Juste derrière, le Portugal offre de son côté un congé de cinq semaines. La France suit derrière avec désormais quatre semaines (week-end compris), tout comme l'Espagne ou encore l'Autriche.

En revanche, la France est bien mieux lotie que l'Allemagne, où le congé paternité indemnisé n'existe tout simplement pas...

Une réflexion sur le congé parental

Mais ces 28 jours restent toutefois "dérisoires" pour Marie-Nadine Prager, du Collectif PAF (pour une Parentalité féministe). "C'est probablement mieux pour tisser un lien avec le bébé mais pas pour revoir la place de chacun au sein du foyer", estime à l'AFP la militante, plaidant désormais pour un congé parental sur le modèle scandinave, bien rémunéré et réparti entre les parents.

En mars dernier, le gouvernement a justement confié une mission sur la conciliation des temps professionnel et familial menée depuis mars par Christel Heydemann, de Schneider Electric France, et le sociologue Julien Damon. L'idée est de réfléchir au congé parental (à ne pas confondre avec le congé maternité ou congé paternité) qui permet de s'arrêter de travailler pendant un an (renouvelable) en recevant une indemnisation qui ne dépasse pas 400 euros par mois. Un congé parental largement boudé par les pères... Les conclusions de la mission sont attendues pour la rentrée.

Thomas Leroy avec l'AFP