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Croissance: le "trou d'air" est "derrière nous", assure le gouverneur de la Banque de France

François Villeroy de Galhau note que l'activité a "marqué le pas" en début d'année, mais qu'elle devrait reprendre des couleurs à partir de cet été.

Le "trou d'air" observé en début d'année sur le front de la croissance est "derrière nous", a estimé mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, jugeant la conjoncture "plus robuste qu'on ne l'a craint".

"Au début de l'année 2018, l'activité a marqué le pas, en France comme en zone euro", a reconnu François Villeroy de Galhau lors d'une audition devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Pourtant, "il ne s'agit pas d'un retournement du cycle mais de l'enchaînement de trois temps": "une accélération en 2017", "un trou d'air début 2018 qui est désormais derrière nous", puis une "stabilisation sur un nouveau palier de croissance", a-t-il poursuivi.

Selon le gouverneur de la Banque de France, les données disponibles sur "l'activité réelle" en Allemagne, tant du côté de la production que des exportations, suggèrent en effet une "ré-accélération" de la croissance dès le 2e trimestre.

En France, le trou d'air s'est "un peu plus prolongé au deuxième trimestre, avec une hausse du PIB attendue à +0,3%", a concédé le gouverneur. Mais à partir du mois de juin, "l'activité a rebondi" et "les perspectives sont bien orientées", a-t-il poursuivi.

"La croissance" devrait rester "solide en 2018"

Dans ses prévisions macroéconomiques semestrielles, publiées le 14 juin, l'institution monétaire avait dit s'attendre à une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,8% en France cette année, au lieu des 1,9% jusque là prévus.

En cause: le ralentissement économique très net constaté lors du premier trimestre (+0,2% de croissance, contre +0,7% fin 2017), mais aussi les mauvais résultats du printemps, à la fois du côté de la production industrielle et de la consommation.

"La croissance" devrait rester "solide en 2018", a insisté mercredi François Villeroy de Galhau, évoquant une fourchette comprise "entre +1,7 et +1,8%". "On constate d'ailleurs une convergence remarquable" des principaux organismes internationaux à ce sujet, a-t-il ajouté.

Le gouvernement, malgré les résultats du 1er trimestre, a refusé jusqu'à présent de revoir à la baisse son hypothèse, fixée à 2% de croissance. "Ça reste notre objectif, mais tout cela c'est de la volonté", a assuré fin juin le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

J.-C.C. avec AFP