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Coronavirus: Thierry Breton plaide lui aussi pour la création d'un nouveau fonds européen

Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur

Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur - AFP

Comme Bruno Le Maire, le commissaire au Marché intérieur veut mettre en place un fonds financé par de la dette commune pour une durée limitée à cinq ou dix ans, alternative aux coronabonds refusés par l'Allemagne et les Pays-Bas.

Si l'Union européenne s'est rapidement mise d'accord pour débloquer 750 milliards d'euros de rachats de titres publics et privés à travers la BCE pour absorber le choc de la crise due à l'épidémie de coronavirus, la France estime que cela ne suffira pas.

Bruno Le Maire a ainsi annoncé mercredi 1er avril dans le Financial Times vouloir lancer un nouveau fonds de sauvetage européen financé par de la dette commune pour une durée limitée à cinq ou dix ans, une solution qui pourrait être "plus acceptable" pour certains pays. Il s'agirait d'une alternative aux coronabonds visant à mutualiser la dette des Etats membres, proposition à laquelle s'opposent l'Allemagne et les Pays-Bas.

Le plan de soutien de 750 milliards d'euros "ne suffira pas"

Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, défend l'idée du ministre français de l'Economie. "Il faudra certainement avoir un fonds, on peut l'appeler fonds industriel de relance européenne par exemple, qui va permettre d'émettre les obligations qui permettront d'avoir le complément de financement", a-t-il affirmé sur France Inter. Ce fonds pourrait compléter le budget de l'UE et serait géré par la Commission européenne.

Et de prévenir: les besoins en financement de l'ensemble des pays de l'UE vont répondre "à peu près pour 10% du PNB (produit national brut)" européen, soit "1.600 milliards" d'euros.

Pour les financer, le plan de soutien de 750 milliards d'euros de rachats de titres publics et privés lancé par la Banque centrale européenne "ne suffira pas", estime-t-il. Et de conclure: "On a d'autres mécanismes comme le fameux MES (Mécanisme européen de stabilité), mais ça rajoute seulement 400 milliards. Donc oui, il faudra d'autres instruments".

OC avec AFP