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COR-Sarkozy et Fillon oeuvrent à une réponse post-régionales

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Correction du titre de Claude Guéant au paragraphe 6 PARIS - Nicolas Sarkozy devait ouvrir un nouveau chapitre pour tenir compte du "message" des...

Correction du titre de Claude Guéant au paragraphe 6

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy devait ouvrir un nouveau chapitre pour tenir compte du "message" des Français au lendemain de la défaite de la droite aux élections régionales, mais la teneur de sa réponse reste pour l'heure inconnue.

Plusieurs responsables de la majorité, dont le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé et l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, appellent à la mesure dans le rythme des réformes et prônent le report voire l'abandon de la taxe carbone, impôt environnemental impopulaire.

François Fillon, qui a dit dès dimanche soir assumer sa part de responsabilité dans la déroute, s'est entretenu avec le chef de l'Etat lundi matin à l'Elysée. Arrivé à 09h00 au palais présidentiel, le Premier ministre est rentré à 10h25 à Matignon.

Son entourage a précisé que le chef du gouvernement ne présenterait pas sa démission, même pour la forme.

Les deux hommes ont évoqué les conséquences gouvernementales de la défaite et préparer un remaniement dont l'ampleur est l'objet de toutes les spéculations. François Fillon devait mener des consultations dans l'après-midi, selon son entourage.

Deux scénarios s'affronteraient au sommet de l'Etat, selon des sources au sein de l'UMP : une refonte "modeste", "technique" de l'équipe gouvernementale, selon les prévisions de Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée; un changement politique profond pour assurer la "continuité" de l'action réformatrice jusqu'au terme de la législature.

On ne disait mot lundi matin à l'Elysée et Matignon sur la configuration des ajustements attendus.

DARCOS SERAIT REMERCIÉ

Le ministre du Travail Xavier Darcos, défait en Aquitaine, serait remercié alors qu'il devait piloter la réforme des retraites, selon plusieurs sources gouvernementales. Il serait remplacé par le ministre du Budget Eric Woerth.

Pour ce qui est de la ligne politique, Nicolas Sarkozy maintiendrait le cap et ne renoncerait pas à l'ouverture comme l'en presse pourtant son camp.

"Entre hier soir et ce matin, on s'aperçoit que les Français n'ont pas dit 'non' aux réformes. Et prendre quelques heures pour tirer tous les enseignements avec sang-froid et lucidité n'est pas inutile", a déclaré le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, sur RTL.

Selon un sondage CSA publié par Le Parisien-Aujourd'hui en France, une majorité de Français (54%) souhaite que Nicolas Sarkozy adopte "un style plus présidentiel" et 33% veulent "qu'il ralentisse le rythme des réformes". Vingt-huit pour cent sont pour maintenir le rythme actuel et 27% qu'il accélère.

Mais 55% des Français, d'après un sondage BVA dans Les Echos, considèrent que Nicolas Sarkozy ne tiendra pas compte du résultat des régionales, qui confère à la gauche un avantage écrasant (54,1%) sur la droite parlementaire (35,5%).

Alors que plusieurs élus de la majorité ont prié le chef de l'Etat de tirer les leçons de cet avertissement dès l'entre-deux-tours, l'un des plus critiques, Jean-Pierre Raffarin, a prôné lundi "un pacte majoritaire" sur les réformes.

"Il faut faire en sorte maintenant qu'on écoute les Français. Et pour moi, c'est un peu moins d'annonces de réformes et un peu plus de changements concrets dans la vie quotidienne des gens", a dit le sénateur UMP de la Vienne sur Canal+, en estimant que l'enterrement de la taxe carbone pourrait constituer "une réponse concrète".

"Il nous faut nous engager sur quelque chose de précis, quelque chose de très clair, pas 40 réformes", a-t-il insisté, alors que le chantier de la réforme des retraites va s'ouvrir.

"COUP D'ARRÊT À L'OUVERTURE" ?

Pour Jean-François Copé, qui a balayé définitivement les rumeurs sur sa possible entrée au gouvernement, la taxe carbone ne saurait être "une priorité" en l'absence d'un consensus européen sur une telle mesure.

"Il faut réfléchir à des stratégies pour la suite", a-t-il dit sur Europe 1, appelant au "rassemblement dans la lucidité".

Il a jugé nécessaire de mettre un coup d'arrêt à l'ouverture à gauche, fort mal perçue dans les rangs de l'UMP.

"Je pense que maintenant c'est bien de solliciter des gens de droite acceptables par la gauche", a-t-il déclaré.

Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, a souhaité sur i>Télé "une véritable révolution fiscale".

Le FN, dont le score national est de 9,2%, a confirmé dimanche son retour à l'avant-scène en amplifiant son score dans les 12 régions où il avait pu se maintenir.

"Enlever quelques secrétaires d'Etat de ci, de là, c'est tenter une nouvelle fois d'enfumer les Français et ne pas avoir entendu l'importance de la gifle électorale", a dit Marine Le Pen.

Forte d'un plébiscite historique, la gauche veut elle négocier l'après-scrutin sans dissensions, un défi difficile.

Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, a déclaré sur Europe 1 que ses partenaires d'Europe Ecologie et du Front de gauche, qui n'entendent pas gommer leurs singularités, pourraient participer aux primaires socialistes pour la désignation d'un candidat unique à la présidentielle de 2012.

Quant à Ségolène Royal, qui entend capitaliser sur sa confortable réélection en Poitou-Charentes, elle est la bienvenue "au coeur du Parti socialiste".

La dirigeante socialiste lui reconnaît toutefois "un statut à part" - "un peu au-delà de nous, en dehors de nous".

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse