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Comment Fillon va attaquer les programmes économiques de ses concurrents

Le premier débat présidentiel réunit ce soir les cinq candidats majeurs. En vue de cette confrontation, chacun prépare ses arguments. BFM Business a eu accès à deux documents internes du parti Les Républicains sur lesquels François Fillon va s'appuyer pour battre en brèche les propositions de ses adversaires.

Les cinq candidats donnés favoris par les sondages pour l'élection présidentielle ont rendez-vous ce soir, dès 21 heures, sur le plateau de TF1. Un débat télévisé pour entamer la dernière ligne droite de la campagne à l'élection présidentielle. Alors que l'incertitude des électeurs est grande, Benoît Hamon, François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen s'y préparent soigneusement pour faire la différence. BFM Business a eu accès à deux documents internes Les Républicains sur lesquels François Fillon va s'appuyer ce soir, et qui sont aussi distribués aux élus LR pour coordonner le contenu des critiques. Le candidat a dans son viseur le volet économique d’Emmanuel Macron, et le retour au franc prôné par Marine Le Pen.

La réduction du déficit de l'Unédic pas réaliste

François Fillon va pointer du doigt des problèmes de cohérence budgétaire dans le programme économique du candidat du mouvement En Marche!. Pour le candidat LR, il est impossible de réduire le déficit de l’Unédic de 10 milliards d'euros, comme le prévoit Emmanuel Macron- alors qu’il ne compte pas toucher aux allocations, et qu’il prévoit même d'élargir le périmètre des bénéficiaires de l’assurance chômage, en y incluant les salariés qui démissionnent et les indépendants.

Par ailleurs, François Fillon juge impossible aussi de réaliser 60 milliards d’euros d’économies tout en prévoyant de recruter 10.000 policiers, d'augmenter le budget des armées et la prime d’activité.

Comment compenser la suppression de la taxe d'habitation?

Les notes préparées pour François Fillon pointent aussi du doigt la suppression de la taxe d’habitation que propose Macron. L’argument retenu est que cette mesure coûte 10 milliards d'euros. Or, il n'y aura pas d'autres moyens que de compenser par des hausses d’impôts équivalentes. À l’arrivée ce seront les classes moyennes qui trinqueront, selon Les Républicains.

François Fillon pourrait attaquer Emmanuel Macron sur son intention d’augmenter la CSG. Une critique récurrente des Républicains, qui défendent l'augmentation de la TVA au nom de la compétitivité. L’ancien patron d’Axa Henri de Castries qui a rejoint la campagne est déjà monté au créneau pour dire que ce levier de la CSG pénaliserait les petites retraites et les revenus du capital.

La sortie de l'euro va augmenter la charge de la dette

François Fillon compte également attaquer le programme économique de Marine Le Pen, qui propose le retour au franc. L’équipe budgétaire qui entoure François Fillon estime que cette mesure ramènerait le spread, l’écart de taux à 10 ans entre la France et l’Allemagne, à son niveau pré-euro. Le taux bondirait de 0,4% à 1,9%. La charge de la dette s’alourdirait alors de 30 milliards d’euros par an.

Cette estimation est calée sur celle - récente - de la Banque de France. Mais l’entourage de François Fillon reconnaît que l’impact d’un "Frexit" est difficilement modélisable. Ils prennent donc ces résultats avec des pincettes.

Les équipes du candidat Les Républicains évaluent aussi à 30 milliards d'euros supplémentaires le surcoût d’un passage au franc pour les ménages et entreprises. Cela correspond aux suppléments d’intérêts liés aux crédits immobiliers et crédits d’investissements qu’ils devraient payer. La dette privée s’élève aujourd’hui à 2.800 milliards d’euros.

Mathieu Jolivet édité par C.C.