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Cette mesure phare de Sarkozy que Valls s'engage à rétablir s'il est élu

Manuel Valls est désormais candidat à l'élection présidentielle.

Manuel Valls est désormais candidat à l'élection présidentielle. - Bertrand Guay - AFP

L’ex-Premier ministre, candidat à l’élection présidentielle, promet de réinstaurer la défiscalisation des heures supplémentaires. Ce coup de pouce très apprécié par les salariés les moins bien rémunérés avait été supprimé par… François Hollande.

Manuel Valls est-il en train de reprendre à son compte le slogan "travailler plus pour gagner plus"? L’ex-Premier ministre veut en tout cas réhabiliter dans son futur programme l'une des mesures emblématiques du quinquennat de Nicolas Sarkozy: la défiscalisation des heures supplémentaires. Pour rappel, celle-ci avait été supprimée dès l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 2012.

Mais le candidat à la primaire de la gauche a de nouveau reconnu, ce jeudi sur France Inter, que cette suppression avait pesé sur le pouvoir d'achat des Français, et estimé qu'il fallait la rétablir au moins partiellement.

Promettant de détailler ultérieurement une proposition en ce sens, il a précisé que pour ne "pas nuire à l'emploi", il faudrait "plafonner bien évidemment" l'avantage fiscal réinstauré.

Exempter d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales (salariales et patronales) les salaires perçus sur les heures supplémentaires "coûtait très cher et était peu incitatif à l'emploi", avait pourtant dit Manuel Valls le 9 décembre sur RMC. Mais, avait-il ajouté, "reconnaissons que pour beaucoup de salariés", supprimer cette mesure "a représenté une amputation sérieuse de leur pouvoir d'achat".

Un effet négatif sur l'emploi?

En faisant voter cette mesure en 2007, Nicolas Sarkozy concrétisait son slogan "travailler plus pour gagner plus". Le dispositif a néanmoins représenté durant son quinquennat un manque à gagner de 4,5 milliards d'euros par an pour l'État. Dans le même temps, il a bénéficié à 9,5 millions de salariés, pour un gain annuel de pouvoir d'achat de 450 euros en moyenne, selon un rapport de 2011 des députés Jean Mallot (PS) et Jean-Pierre Gorges (UMP).

La gauche, les syndicats et des économistes jugeaient négatif son effet sur l'emploi -les entreprises préférant les heures supplémentaires aux embauches-, François Hollande affirmant en 2012 qu'il avait coûté 100.000 emplois.

Sa suppression, combinée à d'autres hausses d'impôts sous la droite puis la gauche en 2011 et 2012, a toutefois contribué à l'alourdissement de la pression fiscale des dernières années. Tirant ce constat, l'actuel secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur, Thierry Mandon, alors député PS, avait en vain proposé en 2013 de rétablir la défiscalisation pour les salariés les plus modestes.

Pour rappel, les heures supplémentaires correspondent au temps travaillé au-delà de la durée légale des 35 heures, et sont rémunérées davantage. Cette majoration de salaire est généralement de 25%, mais peut être réduite à 10% par un accord d'entreprise. La loi travail, votée cet été, a facilité ces accords en ne permettant plus aux branches professionnelles de s'y opposer.

Y.D. avec AFP