BFM Business

Ce qu'une sortie de l'UE pourrait coûter (ou rapporter) à Londres

Londres doit mettre en oeuvre une important politique libéral pour compenser le coût d'une sortie de l'UE

Londres doit mettre en oeuvre une important politique libéral pour compenser le coût d'une sortie de l'UE - Miguel Medina - AFP

Quitter l'Union européenne pourrait, dans le pire des cas, amputer de 2,2% par an le PIB du Royaume-Uni pendant plus d'une décennie, selon une étude du think tank Open Europe publiée ce lundi 23 mars.

Les Britanniques ont-ils quelque chose à gagner à sortir de l'Union européenne? Le doute semble permis si l'on en croit une étude publiée ce lundi 23 mars par le think tank libéral Open Europe.

Les auteurs de ce document analysent ainsi quatre scénarios qui se produiraient dans le cas où le Royaume-Uni déciderait de faire bande à part le 1er janvier 2018.

2,2% de PIB en moins

L'hypothèse la plus pessimiste aurait de quoi donner des sueurs froides à David Cameron, qui n'a eu de cesse de vanter le redressement économique spectaculaire de son pays. La perfide Albion pourrait en effet perdre jusqu'à 2,2% de PIB par an d'ici à 2030, ce qui équivaudrait à voir la richesse nationale amputée annuellement de 55,5 milliards de livres (75 milliards d'euros au taux de change actuel). Mais dans le scénario le plus optimiste, Londres gagnerait 1,55% de PIB (34,7 milliards de livres soit 48 milliards d'euros) en disant "goodbye" à l'UE.

Pourquoi de tels écarts? Tout simplement parce que l'évolution de l'économie britannique dépendrait des conditions dans lesquelles le départ du Royaume-Uni s'effectuerait et notamment de ses conséquences sur son commerce extérieur. Dans le cas le plus défavorable, le Royaume-Uni échouerait à trouver un accord avec ses partenaires européens pour rester dans une zone de libre-échange avec le reste de l'Europe. Le commerce extérieur britannique perdrait 70 milliards de livres, ce qui éclipserait largement les économies que ferait Londres en ne contribuant plus au budget de l'UE (14 milliards de livres, selon l'étude).

Une important politique de dérégulation

A l'inverse, quitter l'Union européenne peut, selon Open Europe, également permettre au Royaume-Uni d'accélérer sa croissance. Mais à certaines conditions. "La Grande-Bretagne ne prospérera en dehors de l'Union que si elle est prête à utiliser sa liberté nouvellement acquise pour s'engager plus activement dans la libéralisation du commerce et la dérégulation", expliquent les auteurs.

Ainsi, Londres pourrait gagner 1,55% de croissance en sortant de l'UE d'ici à 2030 si elle met en place un accord de libre-échange avec les pays de l'UE mais aussi avec le reste de ses partenaires commerciaux. De plus, le pays devra également procéder à toute une série de mesures de dérégulation (Energie, protection de consommateur, environnement social) qui rapporteraient à elles seules 1,3% de PIB soit 24 milliards de livres.

Dans les faits, Open Europe considère les deux scénarios décrits plus haut comme "extrêmes" et juge plus crédible un impact économique pour le Royaume-Uni qui serait compris entre -0,8 et +0,6% du PIB d'ici à 2030.

Autant d'estimations à méditer pour l'exécutif britannique alors que David Cameron a promis, s'il est réélu à la tête du pays, d'organiser un référendum sur la question de l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE, en 2017. En octobre dernier, 56% des Britanniques souhaitaient rester dans l'Union, selon un sondage Ipsos...

Julien Marion